26 avril 2010
La femme dorade
La femme dorade, conte de Praline Gay-Para illustré par Christophe Merlin
Editions Syros, Collection Paroles de conteurs
2009, 37 pages
10,50 €
Résumé
Un pêcheur rentre depuis plusieurs semaines avec ses filets vides. Un matin, il remet à la mer une magnifique dorade que des enfants maltraitaient, puis part à la pêche. Le soir, alors qu'il dîne frugalement et que la tempête fait rage à l'extérieur, on frappe à la porte. Sur le seuil se tient une femme magnifique et dégoulinante de pluie...
Mon avis
Pauline Gay-Para s'est inspirée d'un conte japonais, L'épouse poisson, pour écrire ce conte court aux images marquantes.
Ce qui m'a fascinée dans ce conte (outre le fait que le sujet et la beauté des illustrations ont remporté immédiatement mon adhésion), ce sont les parallèles avec l'histoire de Mélusine. Un être mi-femme mi-animal qui arrive à point pour sauver un homme coincé dans une situation difficile (Mélusine aide Raymondin à être innocenté pour le meurtre de son oncle ; la femme dorade sauve le pêcheur de la famine) ; l'amour qui s'ensuit entre l'humain et la fée, un amour qui, grâce aux pouvoirs de la fée, est source de bonheur et de prostérité ; l'interdit imposé par la fée pour sauvegarder cet amour (Mélusine exige de passer seule le premier samedi de chaque mois ; la femme dorade veut garder le secret sur la fabrication de sa soupe délicieuse) ; et enfin, le non respect de cet interdit par l'humain dont découle le départ de la fée.
La mise en page est soignée : un enchevêtrement d'écailles sur les pages de garde, de belles illustrations en pleine page, et une police qui change de taille et met ainsi en valeur certaines phrases, comme si elles étaient contées de vive voix.
Un très bel album à l'histoire originale et aux illustrations de qualité. Je ne regrette pas mon achat ! (en plus, vu son tout petit prix, il aurait été dommage que je m'en prive !)
La petite sirène lu par Marlène Jobert
La petite sirène raconté par Marlène Jobert
Editions Atlas, Collection Les plus beaux contes du monde
2008, 30 pages + 1 cd
5,99 €
Dans la bibliothèque où je travaille, on a pas mal de contes lus par Marlène Jobert, dans une version esthétiquement standardisée : un album carré aux couleurs vives et aux illustrations fadasses (ça ressemble à du Disney, mais en beaucoup moins bien fait) avec le cd à l'intérieur. Je ne m'étais jamais encore penchée sur le texte, mais d'un point de vue esthétique, je trouvais ces adaptations trop lisses. Pourtant, ça marche du tonnerre : ces bouquins n'arrêtent pas d'être empruntés !
Bref, tout ça pour dire que je suis tombée sur La petite sirène adapté et lu par Marlène Jobert dans une foire à tout il y a quelques mois. Etant une sirène addict ;) je l'ai achetée ! Et lue seulement hier soir. Quelle déception... Cette version est à mille lieux du magnifique conte d'Andersen. Je n'en reviens toujours pas de tant de mièvrerie. La petite sirène ne meurt pas à la fin, admettons... Mais là, elle ne se transforme pas en écume, elle ne rejoint pas non plus les esprits de l'air, non, tout est bien qui finit bien, le prince en épouse une autre, plouf, elle saute dans l'eau, récupère sa queue de poisson, rejoint sa famille de qui elle apprend que la méchante sorcière a levé le sort et elle finit par épouser un prince sirène !!
Quant aux illustrations, comme je le disais plus haut, elles ressemblent étrangement au dessin animé de Disney... Certes, la sirène est blonde, mais le choix des plans pour une même scène est parfois presque identique, tout comme le physique et les postures des différents personnages... Et le pire, c'est qu'il ne s'agit vraiment que d'une pâle tentative d'imitation : le graphisme est loin d'atteindre la beauté et le peps de l'animation de Disney !
Marlène Jobert a beau avoir une belle voix et savoir s'en servir, le cd ne remonte pas le niveau de cet album purement commercial.
Certes, cette collection est destinée aux jeunes enfants. Mais est-ce une raison pour édulcorer le conte original à ce point et en faire une soupe fade et sans consistance ? J'ai grandi en lisant Barbe-Bleue, Peau d'Ane et Blanche-Neige dans leur version non édulcorée, et je n'en suis pas morte ! Bien au contraire, c'est là que réside tout l'intérêt des contes : confronter le lecteur, quelque soit son âge, à ses peurs !
Alors de grâce, évitez de présenter à vos petits ces contes mièvres et standardisés... Il existe bien mieux sur le marché de l'édition jeunesse pour faire découvrir les contes classiques aux plus jeunes. Je pense notamment aux livres-cd des éditions Didier Jeunesse, qui proposent les contes dans leur version intégrale, illustrés par des artistes de talent, et fort bien lus.
22 avril 2010
Le royaume magique de Landover
Terry Brooks est avant tout connu pour son cycle-fleuve Shannara (j'ai un peu honte de l'avouer, mais il s'agit typiquement du genre de fantasy que je n'ai pas envie de lire, même si j'en entends beaucoup de bien). Je n'ai pas lu Shannara donc, mais j'ai fini il y a quelques semaines le dernier tome du Royaume magique de Landover, une série qui donne plutôt dans la fantasy light, voire humoristique.
Résumé
Composée de six tomes (normalement, le sixième clôture le cycle, mais la fin m'a semblée plutôt ouverte...), cette série conte l'histoire de Ben Holyday, un new-yorkais d'une quarantaine d'années dévasté par la mort de sa femme. Dans le catalogue de Noël d'un magasin prestigieux, il tombe sur une annonce étrange proposant un royaume magique à vendre pour un million de dollars. Ben a un compte en banque bien rempli et surtout, plus rien à perdre. Il conclut donc la transaction et se retrouve roi de Landover, un royaume bel et bien magique - tout y est : dragon, sorcière, seigneurs se disputant les terres - mais surtout complètement décrépi.
Mon avis
Cette idée de départ complètement loufoque est prétexte à des situations toujours plus rocambolesques où évolue une galerie de personnages hauts en couleur. Les conseillers de Ben - l'un est un magicien qui enchaîne les catastrophes et l'autre un homme à moitié transformé en chien - sont de loin mes préférés.
Même si la série commence à s'essouffler avec le tome 5, j'ai vraiment passé d'excellents moments dans Le royaume magique de Landover. C'est drôle, frais, sans prétention, les descriptions du monde magique sont de toute beauté... En bref, pourquoi s'en priver ?
Les cinq premiers tomes sont disponibles chez J'ai Lu, et les six ont été réédités récemment par Bragelonne (20€ chaque tome, quand même ! d'où l'intérêt d'aller faire un petit tour en bibliothèque... mais les couvertures sont vraiment chouettes !)
Tome 1 : Royaume magique à vendre !
Tome 2 : La licorne noire
Tome 3 : Le sceptre et le sort
Tome 4 : La boîte à malices
Tome 5 : Le brouet des sorcières
Tome 6 : Princesse de Landover
Cliquez sur les titres pour des chroniques détaillées des tomes (seules les trois dernières sont de moi).
12 avril 2010
En ce moment je lis...

... L'homme qui rêvait d'enterrer son passé de Neil Cross (polar) et Mort d'encre de Cornelia Funke (fantastique jeunesse) pour les Chroniques de l'imaginaire ;
Le livre des choses perdues de John Connolly (fantastique) pour le club de lecture de ma bibliothèque ;
Le premier tome de Kushiel de Jacqueline Carey (fantasy), le premier tome de Soeur des cygnes de Juliet Marillier (fantasy jeunesse), Princesses d'ivoire et d'ivresse de Jean Lorrain (contes) et Filles perdues d'Alan Moore et Melinda Gebbie (bd) pour mon bon plaisir !
Oui, je sais, ça frôle la boulimie... d'autant plus que pendant ce temps, aucun de mes trois challenges n'avance ! Mais, que voulez-vous, on ne se refait pas... :)
06 avril 2010
Une fille comme les autres
Une fille comme les autres - Jack Ketchum
Bragelonne, collection L'ombre
2007, 350 pages
20 €
Présentation éditeur :
Meg est une adolescente. Prisonnière. Torturée. Il y a ceux qui en profitent, ceux qui s'en foutent et ceux qui voudraient l'aider. Et vous ?
Résumé :
Meg a quatorze ans, bientôt quinze. Sa petite soeur, Susan, à peine dix. Les fillettes ont perdu leurs parents dans un accident de voiture ; elles en gardent des cicatrices, physiques comme morales. Mais "ça aurait pu être pire". C'est du moins ce que se plait à leur répéter leur tante, Ruth Chandler, qui les recueille chez elle. Ruth a trente six ans, trois garçons presque adolescents et l'impression lancinante d'avoir raté sa vie. Et, malheureusement pour Meg et Susan, un sens de la cruauté bien aiguisé et un abri anti-atomique dans son sous-sol.
Le mot de Stephen King à propos de Une fille comme les autres :
"Si ça fonctionne, ce n'est pas grâce au ton juste employé par Ketchum pour décrire cette vie de banlieue, mais parce que nous sommes forcés de croire, contre notre volonté, qu'avec la bonne combinaison d'enfants aliénés et de l'adulte qui convient pour superviser l'horreur et, par-dessus tout, un environnement où personne ne se mêle des affaires de son voisin, un tel scénario serait possible."
Mon avis :
La trame de cette histoire ne sort pas du seul cerveau de Ketchum. Il a pris pour point de départ un fait divers qui s'est produit aux Etats-Unis dans les années 50 et, comme il s'en explique dans la postface, en a changé le point de vue et édulcoré certains détails. Gloups.
L'histoire de Meg et de Susan nous est racontée à la première personne par un témoin des horreurs qu'elles ont subies. David avait douze ans cet été-là. Il est aujourd'hui adulte et ne s'est jamais remis de n'avoir pas tout mis en œuvre pour sauver celles qu'ils considéraient pourtant comme ses amies.
Ce choix de point de vue est judicieux : David est un témoin direct, ce qui permet de plonger au cœur de l'histoire, mais il n'est pas suffisamment impliqué pour avoir assisté à l'intégralité des tortures. Il peut ainsi laisser parfois un peu de répit au lecteur. De plus, il est maintenant adulte, ce qui lui permet d'avoir la distance nécessaire pour livrer, en même temps que ses souvenirs, une réflexion sur la personne qu'il était alors, et sur celle qu'il est devenue.
David n'a rien fait pour sauver Meg. Tout du moins, il a essayé bien trop tard. On le déteste pour ça. Et pourtant, c'est un garçon bien. C'est peut-être pour ça qu'on le déteste, d'ailleurs ; parce que c'est dans ce constat que réside l'aspect le plus terrifiant de ce livre : David, ça pourrait être moi. Ou vous.
Quand Meg tente d'avertir la police du calvaire qu'elle subit et échoue à convaincre le flic, voilà la réaction de David :
"Nous avions presque de quoi lui en vouloir. Son échec (...) nous renvoyait en plein visage l'impuissance qui était la nôtre. L'expression n'être qu'un enfant venait de prendre un sens nouveau, à la fois menaçant et inquiétant. (...)
Nous étions la propriété de nos parents. Nous leur appartenions, corps et âme. Face à n'importe quel danger réel provenant du monde des adultes, nous étions condamnés. Ne nous restaient que le désespoir, l'humiliation et la colère.
C'était comme si, en échouant, Meg nous avait fait faux bond à nous aussi.
Notre colère avait besoin d'un exutoire. Ce fut Meg.
Eh merde, songeai-je. Laissons les choses suivre leur cours.
Ce qui nous conduisit au sous-sol."
Une fille comme les autres est un livre coup de poing. Une plongée dans l'horreur absolue, parce qu'inexplicable, inexcusable. C'est un livre qui donne envie de hurler. Jusqu'à lors, une seule lecture avait réussi à produire sur moi un tel effet, et il s'agit de Fils unique, du même auteur. Jack Ketchum a une vision très noire de l'âme humaine. Ce qui rend ses livres si durs à avaler, c'est qu'il s'inspire souvent de faits divers et d'histoires vécues. Son pessimisme s'appuie donc, en partie, sur la réalité. Les êtres humains peuvent être capables d'une cruauté et d'une lâcheté incommensurables ; si vous n'êtes pas prêts à l'admettre, n'ouvrez pas ce livre.
D'ailleurs, l'auteur n'expliquera jamais les raisons de la folie de Ruth, cette mère de famille qui se transforme en bourreau. On sait juste qu'elle craque - là-dessus, pas de doute - et s'enfonce peu à peu, et de plus en plus profondément, dans la barbarie, entraînant avec elle ses bovins de fils.
Jack Ketchum est un écrivain inégalable. "Aucun lecteur ayant eu un contact avec son œuvre ne peut facilement l'oublier". C'est Stephen King qui le dit, pas moi. Aucun autre auteur de ma connaissance n'est capable de brouiller si intensément les frontières entre bien et mal. Jamais un livre ne m'a interrogée comme le font immanquablement les siens, et ça ne tient pas seulement à l'atrocité des sujets qu'il choisit. Son écriture ne laisse rien au hasard : sa plume est concise, son sens de l'intrigue implacable. Les horreurs qu'il dépeint, et la façon dont il les agence, provoquent chez le lecteur une sensation de rejet presque physique : mains moites, respiration difficile... et nausée, larmes même, pour mon cas. Pourtant, on tourne les pages - on ne peut pas faire autrement. Et ce faisant, on a la sensation insupportable de se rendre complice de ce que la famille Chandler fait subir à Meg. Le lecteur devient comme David, complètement impuissant : on regarde, on ne fait rien. Révulsé. Mais aussi, inexplicablement, fasciné.
Dérangeant n'est pas un mot assez fort pour décrire Une fille comme les autres. Ce livre est empoisonné. Ce livre est un cauchemar éveillé. Vous pensez que j'exagère ? Ouvrez-le, et vous verrez.
La parole à l'auteur :
"Si les gens dont [David] se soucie sont insuffisamment décrits ou sympathiques (...) vous finirez par ne plus voir que les méchants, la violence, ou les deux. Ou vous refermerez ce livre pour toujours. Mais je ne m'en fais pas trop à ce sujet (dit-il, vidant d'un trait sa tasse d'orgueil). Si le livre présente une ambiguïté morale, une tension morale, c'est voulu. C'est le problème que ce gosse doit résoudre, un problème qui concerne sa vision des choses."
Et vous, quelle sera la vôtre ?
03 avril 2010
Baisers de sang : 20 histoires érotiques de vampires
Anthologie présentée par Alain Pozzuoli (encore lui !)
Editions Les Belles Lettres, Collection Fantastique
2005, 260 pages
21 €
Présentation éditeur :
Y a-t-il plus belle allégorie de l'érotisme et de la sexualité que le vampire ? Depuis toujours les créatures de la nuit, sorties de leur tombe pour venir sucer les vivants, ont terrifié et fait fantasmer les humains. Illustrant à merveille la fusion Eros et Thanatos, les histoires de vampires n'ont de cesse de théâtraliser le geste érotique, les pulsions amoureuses de toutes sortes. Désir, répulsion, attirance, névrose, séduction, perversité, tels sont les maîtres mots des évadés des ténèbres qui pour notre plus grand plaisir ont envahi la littérature fantastique. Dans cette anthologie, Baisers de sang, venez parcourir ces pages sulfureuses qui depuis Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu, et son pendant masculin, L'histoire vraie d'un vampire du Comte Eric Von Stenbock, n'ont cessé d'explorer l'univers érotique des vampires. Retrouvez aujourd'hui les débordements érotiques littéraires, "de toutes tendances", d'auteurs contemporains tels que Boris Vian, Francis Lalanne, Jean-Paul Bourre, Gudule, Jeanne Faivre d'Arcier, Robert de Laroche, Serena Gentilhomme, Lawrence Schimel, Tony Mark, Amelia G., Raven Kaldera, Jean-François Patricola, Didier Rouge-Héron, Gautier Map, Sire Cédric, Bernard Jurth, Roland Fuentes et Daniel Walther.
Mon avis :
Mmmm... que dire ? Une bonne impression générale, voilà qui est sûr. Des textes de grande qualité littéraire, baignant chacun dans une ambiance inimitable et propre à l'auteur. J'ai particulièrement aimé Carmilla de Le Fanu (on ne nous en présente ici qu'un extrait, qui m'a donné envie de relire la novella complète) et son érotisme pudique et sous-jacent. Le texte de Gudule (Parlez-moi d'amour) est également très intéressant : elle y présente le vampirisme sans l'aspect sanglant de la chose ; ici le vampire suce l'énergie vitale de sa victime. Muse, de Sire Cédric, a aussi retenu mon attention (attention, ce n'est pas un inédit : vous retrouverez cette nouvelle dans le recueil Dreamworld). Carnet de viol de Jean-François Patricola m'a marqué pour longtemps, et j'ai été agréablement surprise par l'étrange texte de Francis Lalanne, dont voici un petit extrait :
"Vous êtes sur le ventre. On voit
Votre taille si fine, et le
Galbé ailé de vos reins ; on croit
Tenir une sirène ; on croit
La prendre dans les mains ; on voit
Qu'elle est belle, et le bleu gris, le
Gris de ses yeux bitume. On croit
Qu'elle pleure quand elle est pâle,
Et qu'elle meurt quand on la voit."
(oui oui, ça ne se voit pas encore trop sur ce blog, mais les sirènes sont mon obsession personnelle:)
Voilà pour le positif. D'autres textes m'ont vraiment dérangée : trop crus, pas assez suggestifs, ils ne laissent aucune place à l'imagination. Peut-être suis-je trop prude ?!
Mais bon, comme je le disais plus haut, une très bonne impression générale, et plus de bonnes surprises que de déceptions.
C'était la troisième lecture de mon Dark Side Challenge.

02 avril 2010
Rencontre avec Fabrice Colin
Ça se passait mardi 30 mars 2010 à la bibliothèque de Sotteville-lès-Rouen, dans le cadre du mois de la Fantasy (si vous habitez dans le 76, c'est le moment de passer faire un tour à la bibliothèque de Sotteville : une belle expo, une salle de conférence super bien décorée, et une rencontre avec Edouard Brasey programmée, si je ne m'abuse, le 27 avril).

Fabrice Colin est un auteur que je connais mal, mais ce que j'ai lu de sa plume me plaît beaucoup. J'avais adoré La malédiction d'Old Haven par exemple, et je suis toujours contente de croiser son nom dans les sommaires des anthologies ! Non content de proposer de bonnes histoires, on sent qu'il aime écrire, qu'il aime ses personnages, et son style est toujours bien travaillé.
Il est venu parler de son métier et de son œuvre mardi soir à un public essentiellement enfantin. Il s'est prêté au jeu des questions/réponses avec des élèves de collège, et son propos était passionnant.
Il a évoqué l'ambiguïté qu'il peut y avoir à vivre, comme lui, de son art : un immense bonheur d'un côté, une grosse pression de l'autre, puisque l'on est dépendant financièrement de ce qui sort de sa tête. Pas question de "sécher" des mois devant une page blanche, ou de toujours remettre son travail au lendemain.
A un enfant qui lui demandait pourquoi il avait tué un des personnages de ses livres, il a répondu que la littérature était aussi là pour parler de la vie, la vraie : la mort peut survenir sans prévenir, elle est souvent injuste, elle n'a pas toujours de sens.
Fabrice Colin a aussi souligné l'importance qu'il attache au style et à la construction des personnages : pour lui, il est aisé d'inventer une histoire originale ; en revanche, c'est plus dur de lui donner corps et de faire en sorte que les lecteurs y accrochent.
Je ne me souviens plus de tout ce qui a été évoqué, mais l'heure et demi qu'a duré la rencontre est passée à toute vitesse. Et maintenant, je n'ai qu'une envie : découvrir d'autres titres de cet auteur !
