51AmtWep68LA travers le miroir, Alice - Lewis Carroll & Lostfish
Editions Soleil, Collection Métamorphose
2011, 201 pages
29,50 €

Il fallait absolument que je vous parle de ce livre, lu et chroniqué il y a quelques semaines déjà pour les Chroniques de l'Imaginaire.

Résumé

Alice est revenue du Pays des Merveilles, mais avec elle, le rêve n'est jamais loin. Au cours d'un après-midi oisif où elle s'amuse à converser avec les chatons de Dinah, elle se demande soudain ce qui se passe exactement dans la pièce de l'autre côté du miroir - cette pièce où tout est exactement comme dans la vôtre, mais en inversé... Aussitôt dit, aussitôt fait, Alice grimpe sur la cheminée et passe à travers le miroir.

Mon avis

J'avais lu cette suite d'Alice au Pays des Merveilles il y a plusieurs années, sans rien en retenir ou en penser de particulier. Je n'étais donc pas franchement emballée en commençant cette lecture : si découvrir le travail de Lostfish sur cette histoire m'enthousiasmait, je n'avais pas franchement envie de relire le texte.

Et pourtant... Dès le premier chapitre, la suite des aventures d'Alice m'a aspirée et retenue dans ses filets. C'est bien simple, j'ai savouré ce livre du début à la fin. Cette histoire qui m'avait laissée indifférente lors de ma première lecture m'a passionnée ! Peut-être me fallait-il grandir un peu avant d'apprécier l'humour particulier de Carroll, son amour du non-sens ? Je ne saurais vous décrire exactement ce qui m'a charmée dans cette histoire. Mais le fait de vivre du début à la fin un rêve éveillé - qui peut à tout moment virer au cauchemar - aux côtés d'une Alice à la fois charmante et agaçante y est pour beaucoup.

Alice_Lostfish_02Je pense également que l'ambiance très particulière qui se dégage des illustrations de Lostfish n'est pas étrangère à mon coup de cœur. C'est la première fois que je lis un livre sur l'univers d'Alice au Pays des Merveilles sans que mon cerveau soit parasité par les images de l'adaptation signée Disney. C'est, à ce jour, le travail que je connais qui me semble le mieux coller à l'univers de Carroll - celui d'Arthur Rackham mis à part, mais on ne peut pas vraiment comparer ces deux artistes. Ici, l'atmosphère est très étrange, presque malsaine parfois. Je pense notamment aux expressions d'Alice : elle semble à la fois boudeuse, fiévreuse, malheureuse, aguicheuse... Ses joues sont roses, ses yeux marqués, ses lèvres humides, elle a à la fois la candeur d'une enfant et les poses d'une courtisane. C'est troublant, subversif, et ça colle parfaitement à l'ambivalence du texte. On n'a même plus le sentiment que le texte a été écrit indépendamment de ces illustrations. C'est comme si Carroll lui-même en était l'auteur ! Incroyable non ?

Pour ne rien gâcher, le livre est enrichi de notes sur la traduction qui permettent de prendre conscience du travail considérable qu'il a fallu à Jacques Papy pour rendre en français toutes les subtilités et les bizarreries qui font le charme du texte original.

Vous l'aurez compris, A travers le miroir est un véritable sans faute, et une merveilleuse occasion de découvrir ou de redécouvrir la suite d'Alice au Pays des Merveilles.