26 avril 2011
Il y a...
Il y a là la peinture,
Des oiseaux, l'envergure
Qui luttent contre le vent
Il y a là les bordures
Les distances, ton allure
Quand tu marches juste devant
Il y a là les fissures
Fermées, les serrures
Comme envolés, les cerfs-volants
Il y a là la littérature
Le manque d'élan
L'inertie, le mouvement
Parfois on regarde les choses
Telles qu'elles sont
En se demandant pourquoi
Parfois, on les regarde
Telles qu'elles pourraient être
En se disant pourquoi pas
Il y a lalala
Si l'on prenait le temps
Si l'on prenait le temps
Il y a là la littérature
Le manque d'élan
L'inertie, le mouvement
Parfois on regarde les choses
Telles qu'elles sont
En se demandant pourquoi
Parfois, on les regarde
Telles qu'elles pourraient être
En se disant pourquoi pas
Il y a là les mystères
Le silence sous la mer
Qui luttent contre le temps
Il y a là les bordures
Les distances, ton allure
Quand tu marches juste devant
Il y a là les murmures
Un soupir, l'aventure
Comme envolés, les cerfs-volants
Il y a là la littérature
Le manque d'élan
L'inertie, le mouvement
Parfois on regarde les choses
Telles qu'elles sont
En se demandant pourquoi
Parfois, on les regarde
Telles qu'elles pourraient être
En se disant pourquoi pas
Parfois on regarde les choses
Telles qu'elles sont
En se demandant pourquoi
Parfois, on les regarde
Telles qu'elles pourraient être
En se disant pourquoi pas
(Il y a - Vanessa Paradis
Paroles de Gaëtan Roussel)
25 avril 2011
Enervements
Corps à corps... Nos désirs brûlent, nos bouches s'offrent,
Mais nous ne voulons pas sentir toute la joie.
Seins contre seins à travers les étoffes,
Viens ! Gardons entre nous ces laines de soies.
Tes yeux fuient mon regard ; ta tête se dérobe ;
Nos mains rôdent le long des robes.
Respirons de tout près l'âme de ce baiser
Que nous ne voulons pas, ce soir, réaliser.
Sens-tu comme nos genoux tremblent
Ah ! ce désir des hanches amoureuses !
Ah ! Céder !... Défaillir ensemble !... Mourir !... Prendre !...
Cherchons nos doigts ; tâchons d'unir nos paumes creuses.
Des profondeurs en nous grandissent, inconnues :
Etreignons-nous au moins de toutes nos mains nues.
Ma bouche sent déjà la forme de ta bouche :
Mais nous reculerons avant qu'elles se touchent,
Pour que nos sens cabrés souffrent l'ardente joie
De s'être, en sanglotant, arrachés de leur proie.
Enervements - Lucie Delarue Mardrus
22 avril 2011
Sélection d'avril 2011 pour le Prix des lecteurs du Livre de Poche
En avril, la sélection polar du prix des lecteurs du Livre de poche était nordique, et plus particulièrement suédoise ! J'ai lu Les ombres silencieuses de Mari Jungstedt et L'heure trouble de Johan Theorin.
Les ombres silencieuses - Mari Jungstedt
Editions du Livre de poche, Collection Policier
2011, 416 pages
6,95 €
Résumé éditeur
Un matin brumeux sur l'île de Gotland. Le corps massacré d'un photographe marginal a été retrouvé dans sa cave. Le commissaire Knutas, encore marqué par la série de crimes de l'année précédente, croit d'abord à une querelle d'ivrognes qui aurait mal tourné. Il ignore qu'il vient de lever le voile d'une ténébreuse affaire. Non loin de là, la jeune Fanny, livrée à elle-même, est la proie d'un homme mûr et respecté de tous. Dans le huis clos de l'île, Knutas se fraie un chemin entre les ombres silencieuses. Ses soupçons vont le conduire là où il n'aurait jamais cru trouver l'horreur : juste à côté de lui.
Mon avis
Mitigé. Malgré une intrigue qui se tient et un suspense intéressant, je me suis un peu ennuyée dans cette lecture. La faute au style, trop plat, et aux personnages, trop caricaturaux.
Chronique complète ici.
Je suis beaucoup plus enthousiaste en ce qui concerne L'heure trouble de Johan Theorin :
Editions du Livre de poche, Collection Thriller
2011, 533 pages
7,50 €
Résumé éditeur
À l'heure trouble, entre chien et loup, un enfant disparaît sans laisser de trace dans les brouillards d'une petite île de la Baltique. Vingt ans plus tard, une de ses chaussures est mystérieusement adressée à son grand-père. Qui a intérêt à relancer l'affaire ? Et pourquoi toutes les pistes conduisent-elles à un criminel mort depuis longtemps ? Dans une oppressante atmosphère de huis clos, une histoire de deuil, d'oubli et de pardon, hantée par les ombres du passé.
Mon avis
J'ai beau avoir du mal à m'habituer à la lenteur des polars nordiques, celui-ci m'a fait passer un très bon moment de lecture. D'abord, le cadre choisi - l'île d'Öland - est magnifique et magnifiquement dépeint. Ensuite, l'intrigue qui mêle le passé au présent et croise les destins de différents personnages - Julia, qui a perdu son fils il y a 20 ans et Nils Kant, le mouton noir de l'île, soupçonné de plusieurs meurtres - est passionnante et vraiment bien menée. J'ai été prise complètement de court par le dénouement, ce qui est bien appréciable.
Mais par dessus tout, c'est l'ambiance qui m'a séduite dans ce roman, cette "heure trouble" (le crépuscule) où les frontières entre les mondes se brouillent, où tout devient possible. J'ai adoré cette idée, j'ai adoré ce titre, j'ai adoré ce livre !
Pour quel polar vais-je bien pouvoir voter en avril, hum ?
21 avril 2011
Le jeudi, c'est citation ! #18
"C'est quoi, d'ailleurs, l'amour.
[...]
C'est quand on pense à l'autre en souriant. Quand on a tellement envie de prononcer son nom qu'on est prêt à raconter n'importe quoi pour le dire, pour l'entendre."
Dans la nuit brune - Agnès Desarthe
Un rendez-vous à l'intiative de Chifonnette.
18 avril 2011
Crescendo
La saga des anges déchus, tome 2 : Crescendo - Becca Fitzpatrick
Editions du Masque, Collection MsK
2011, 376 pages
17 €
Retrouvez ici ma chronique du tome 1, Hush Hush.
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Pour avoir sauvé la vie de Nora - ou en tout cas refusé qu'elle se sacrifie à sa place - Patch est devenu l'ange gardien de la jeune fille. Alors que les sentiments de Nora grandissent, Patch pratique comme toujours la stratégie de l'évitement, jusqu'à la crise. Nora décide de mettre fin à leur relation. Bouleversée par cette rupture et par la mort de son père, qui reste non élucidée, la jeune fille a plus que jamais besoin de soutien, mais elle ne peut plus compter que sur elle-même. Elle décide d'enquêter seule - enfin, plus ou moins, sa meilleure amie Vee n'étant jamais très loin - afin de lever le mystère sur le meurtre de son père.
Mon avis
Voilà un second tome dans lequel l'intrigue a un peu de mal à décoller. Je suis peut-être bouchée, mais je suis toujours dans le flou concernant les anges déchus, les gardiens et les néphilims... C'était déjà le cas dans Hush, Hush ; ici, j'ai toujours autant de mal à comprendre les tenants et les aboutissants des relations entre les uns et les autres. L'auteur n'y mettant pas franchement du sien pour éclairer ma lanterne, j'ai carrément ramé pour tenter de comprendre les conséquences des actes des uns et des autres.
Heureusement, du côté de l'intrigue sentimentale, là, je suis ! Crescendo se joue sur la partition du "je t'aime moi non plus", avec une Nora complètement déprimée, un Patch toujours aussi sexy et tête à claques, une Vee très en forme et une Marcie plus détestable que jamais. Même si j'apprécie beaucoup ces personnages avec leurs qualités et leurs travers, j'ai trouvé ce second tome un peu plus agaçant que le premier. Construire tout un tome sur les premiers émois, les premiers baisers, les premières caresses, ça fonctionnait ; reprendre la même formule pour le second, ça commence à être un peu longuet.
Mais bon. Je dois bien avouer que ça ne m'a pas empêchée de lire Crescendo en deux jours et de trépigner en me demandant si oui ou non, Nora et Patch allaient coucher ensemble (vous l'aurez compris, ce n'est vraiment pas la guéguerre des anges qui accroche mon intérêt dans ces romans). Et puis j'adore les couvertures de cette série, tout comme les titres. Bref, malgré ma mauvaise foi, je me jetterai sur le troisième tome !
14 avril 2011
Le jeudi, c'est citation ! #17
"Le temps passe, mais il ne passe pas."
Dans la nuit brune - Agnès Desarthe
Un rendez-vous à l'intiative de Chifonnette.
12 avril 2011
Dans la nuit brune
Dans la nuit brune - Agnès Desarthe
Editions de l'Olivier
2010, 210 pages
18 €
"Interdiction de se souvenir, scande Jérôme, comme s'il lisait cette formule sur le mur de la cuisine, et, soudain, il ne sait pourquoi, il éprouve le soulagement de celui qui s'est concocté une devise. Interdiction de se souvenir de ce qui blesse, de ce qui gêne. Car si on s'en souvient, on y pense, on en parle, on pose des questions et ça revient, ça rôde, comme un spectre."
Résumé
Jérôme se satisfait de sa petite vie sans histoires. Cinquante ans, divorcé, agent immobilier, il vit avec Marina, sa fille adolescente. Mais l'amoureux de Marina vient de mourir, victime d'un accident de moto. La jeune fille est dévastée, et Jérôme, qui se voyait en père jusqu'ici plutôt efficace, se trouve complètement désemparé devant l'ampleur de ce chagrin. Le désordre s'installe peu à peu dans sa vie. Soudain Jérôme se met à penser à tout ce qui fait sa vie, ou son absence de vie : un boulot ennuyeux, un mariage sans passion, et bien avant ça, sa drôle d'enfance. Il est un enfant trouvé par ses parents adoptifs alors qu'il errait dans la forêt. Il ne sait rien de ses premières années ni de ses origines, et se trouve forcé d'admettre qu'il ne sait pas grand chose de plus de la personne qu'il est devenu aujourd'hui.
Mon avis
Je n'ai fait qu'une bouchée de ce petit livre, et il m'a tellement plu que je me trouve bien embêtée au moment de rédiger ce billet. Voilà un livre que j'ai lu stylo en main, et que j'aurais griffonné en long en large et en travers s'il m'avait appartenu. Chacune de ses phrases ou presque est un petit bijou de justesse, de vérité et d'émotion. La plume d'Agnès Desarthe est sinueuse, un peu désordonnée, très intuitive, à l'image des flots de pensées qui assaillent son personnage, lequel se met d'ailleurs à vivre carnet et crayon à la main pour noter ce qui lui passe par la tête. Les phrases sont longues et comprennent souvent plusieurs idées entre la majuscule et le point. On a l'impression d'une suite de petits riens : petites pensées, petits souvenirs, petites émotions, petites impressions, qui forment pourtant un tout plein de sens.
L'intrigue est pareille : une sucession de petits riens qui, une fois le livre terminé, devient un tout très cohérent. C'est souvent triste, mais la fin est pleine d'espoir. J'ai parfois eu l'impression d'être dans un conte de fées, même si je me demande un peu à quoi ça tient : les personnages secondaires énigmatiques, qui semblent tous avoir un rôle bien précis à jouer dans le destin des personnages ? l'omniprésence de la nuit, de la forêt, de la terre, du vent ? Je n'en sais trop rien, mais l'atmosphère est très particulière, symbolique, empreinte de la magie des contes.
Bref, un très très beau livre, qui me laisse toute retournée, la gorge serrée, et me donne envie de découvrir d'autres écrits d'Agnès Desarthe.
11 avril 2011
Promise
Promise - Ally Condie
Editions Gallimard Jeunesse
2011, 520 pages
18 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Aujourd'hui est un grand jour pour Cassia : elle prend dix-sept ans et va assister à son banquet de couplage. Enfin, elle va découvrir le visage de celui que la Société a choisi pour être son Promis. A ses côtés, sa famille et Xander, son meilleur ami. Arrive le tour de Cassia : les mains moites, elle se lève pour prendre place devant l'écran où doit s'afficher l'image de la personne qui partagera sa vie. Et là, écran noir...
Des murmures se font entendre dans la salle, parce que chacun sait ce qu'un phénomène aussi rarissime signifie... Si aucune image n'apparaît sur l'écran de couplage, c'est que le Promis de Cassia se trouve déjà dans la salle. La jeune fille découvre avec une surprise mêlée de ravissement qu'il s'agit de Xander, son ami d'enfance.
Cassia est toute prête à accepter celui que la Société a choisi pour elle. En rentrant chez elle, elle insère sa puce dans le lecteur pour découvrir les conseils et les informations que les Officiels ont jugé bon de lui transmettre concernant l'évolution de sa relation avec Xander. Mais là, stupeur : c'est un autre visage qui s'affiche sur son écran...
Mon avis
Voilà une série qui commence admirablement bien. Dès ce premier tome, le décor est posé : les personnages évoluent au coeur d'une société futuriste qui fait froid dans le dos parce qu'elle est absolument totalitaire, tout en restant tout à fait courtoise. Les Officiels imposent à chacun comment et combien de temps vivre, quoi manger, où travailler, et surtout, qui aimer... mais le tout est fait d'une manière si habile que personne ne songe à se révolter. On frôle sans cesse la cruauté sans jamais y entrer vraiment. Du moins, jusqu'à ce que Cassia découvre un visage différent de celui de son Promis sur l'écran de couplage...
Ce roman réunit tous les ingrédients pour fonctionner : le triangle amoureux est d'autant plus dramatique qu'il se produit dans le cadre cité plus haut ; le choix de ce cadre permet à l'auteur de tisser, en plus de cette poignante histoire d'amour, une réflexion intelligente sur la liberté individuelle. Au milieu de tout ça évoluent des personnages auxquels on s'identifie sans problème. Pour ne rien gâcher, l'écriture est simple et belle. Ally Condie met dans la bouche de Cassia des phrases d'une telle justesse qu'une ou deux fois, les larmes me sont montées aux yeux.
Alors ça fonctionne, forcément, et parfaitement même ! J'espère que ce roman rencontrera le succés qu'il mérite. Les adolescents sont évidemment le public cible, mais les adultes se laisseront conquérir sans aucune difficulté
09 avril 2011
Métisse
Métisse : une aventure de Sabina Kane - Jaye Wells
Editions Orbit
2011, 2929 pages
14,90 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Sabina vient d'assassiner son ami d'enfance. Elle a beau être habituée à la chose (c'est même son métier), la pillule a du mal à passer. Il faut dire qu'elle n'a pas eu le choix : l'ami en question s'est rendu coupable de haute trahison en ralliant le clan de Clovis, qui fomente un complot pour faire cesser le règne des vampires sur les autres créatures magiques. Sabina est elle-même mi-mage mi-vampire. En raison de ce métissage, elle est destinée à effectuer les basses besognes pour le clan des Dominae, dirigée par sa propre grand-mère.
Les Dominae décident de lui confier une nouvelle mission : Sabina devra faire semblant de leur tourner le dos pour infiltrer la garde rapprochée de Clovis, apprendre le nom de ses informateurs, et enfin l'assassiner. Rien de moins. A cette situation déjà compliquée s'ajoutent une mutlitude d'autres "détails" : un inconnu a invoqué un démon pour tuer Sabina et un mage horripilant tourne autour de la vampire sans qu'elle en comprenne les raisons... Bienvenue dans la vie de tous les jours de Sabina Kane !
Mon avis
Autant le dire tout de suite, ce livre vous réserve un bon nombre de fous rires... Le franc-parler de Sabina est tout simplement jouissif. Je me suis retrouvée à pouffer comme une gourde à de si nombreuses reprises que j'ai finalement décidé de finir ma lecture dans un endroit où je n'aurais plus à me retenir d'exploser de rire. C'est le vrai point fort du roman, parce que cet humour permet de s'attacher sans réserves au personnage principal et de compatir devant les complications - toutes plus tirées par les cheveux les unes que les autres - qui viennent lui pourrir la vie.
Du côté de l'intrigue, rien de bien révolutionnaire. On est dans de la pure bit-lit, avec une héroïne au caractère bien trempé, des scènes d'action à chaque chapitre ou presque, de beaux mâles aux dents longues et/ou aux pouvoirs surnaturels qui se disputent les faveurs de la jeune personne susnommée, plus, évidemment, une bonne dose de tension sexuelle. On aime ou pas ; personnellement, j'adore ! Surtout quand, comme c'est le cas ici, le roman ne se prend pas au sérieux, et n'a d'autres ambitions que de vous faire passer un bon moment de lecture. Le pari est réussi, et il me tarde déjà de découvrir la suite des aventures de Sabina Kane.





