Les lectures de Naolou

15 février 2011

Coeur de glace

41zJjQSBn_L__SL500Coeur de glace - scénario de Marie Pommepuy, illustrations de Patrick Pion
Editions Dargaud, Collection Long Courrier
2011, 70 pages
14,95 €

Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.

Résumé

Une famille d'ogres attaque un carrosse et tue tous ses occupants à l'exception de Gerda, une belle petite fille habillée comme une princesse. Ils l'emmènent dans leur repaire, et leur petite ogresse de fille se prend d'amitié pour Gerda, bien qu'elle soit logée, tout comme les animaux qu'ils capturent, dans leur garde-manger. Drôle d'amitié, puisque Gerda porte des fers, dort dans une cage, et craint à tout instant d'être mangée.

A l'instar de Shéhérazade, la conteuse des Mille et une nuits, Gerda comprend bien vite que si elle veut garder intact l'intérêt que lui porte la petite ogresse - et ainsi lui faire oublier que sa chair est comestible -, elle doit lui raconter son histoire. Heureusement pour sa survie, Gerda a bien des péripéties à rapporter à l'ogresse...

Car quand elle était toute petite fille, Gerda était amoureuse de Kay, un beau garçon un peu plus âgé qu'elle. Ils jouaient tous les après-midis ensemble jusqu'à ce fameux jour de neige où une poussière s'est prise entre les cils de Kay, et où une belle femme enveloppée de fourrures et de flocons a attaché la luge du petit garçon derrière son traineau pour l'emmener vers le Nord...

Mon avis

Et nous voici plongée dans une adaptation libre de La Reine des Neiges d'Andersen. On y retrouve la trame générale - la quête de Gerda pour retrouver Kay et l'amour inconditionnel qu'elle lui porte - ainsi cette atmosphère caractéristique de grand froid. Pour le reste, c'est assez différent. Le scénario est signé Marie Pommepuy, dessinatrice du duo Kerascoët à qui l'on doit Jolies ténèbres et la série Miss Pas Touche. On retrouve dans son adaptation du conte classique le mélange déstabilisant de naïveté et de cruauté qui caractérisait les œuvres précédemment citées. Dans l'univers bien particulier de Marie Pommepuy, l'amour côtoie la méchanceté, l'intelligence du cœur la bêtise, et l'horreur et le cauchemar ne sont jamais loin de pointer leur nez. Le message est franchement perturbant. On aime ou pas, mais il est impossible de rester indifférent à ces bandes-dessinées.

Côté illustrations, le trait et les couleurs de Patrick Pion m'ont semblé au premier abord un peu désuets : on a l'impression de regarder un vieux livre d'images aux teintes un peu passées... On prend pourtant vite goût à ce style, qui colle bien à la froideur et à l'atmosphère inquiétante dégagées par le scénario de Marie Pommepuy.

En somme, une bande-dessinée soignée et dérangeante qui comblera les amateurs de réécritures de contes de fées. Les lecteurs qui apprécient le travail de Kerascoët devraient également ne pas être déçus.

Posté par naolou à 19:15 - BD - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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21 août 2010

Tokyo Home

Depuis peu, je chronique pour le site belge Encre Noire. A cette occasion, j'ai découverte Tokyo Home :

tokyo_home_kanaTokyo Home - Thierry Gloris et Cyrielle
Editions Kana
2010, 221 pages
15 €

A la demande d'Encre Noire, je retire ma chronique de mon blog perso. Vous pouvez toujours lire mon avis ici.

Posté par naolou à 12:00 - BD - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

02 juillet 2010

Le chat qui courait sur les toits

LechatquicouraitsurlestoitsLe chat qui courait sur les toits - Hausman et Rodrigue
Editions du Lombard, Collection Signé
2009, 60 pages
14,50 €

Résumé

Il était une fois un beau royaume. Il était une fois le prince héritier de ce royaume... Il était une fois ce prince héritier, donc, qui avait pour particularité de voir son visage se transformer en l'animal dont il venait de croiser le regard. Il était une fois les parents de ce prince qui, suivant les conseils mal avisés d'un baron avide de pouvoir, décidèrent d'enfermer dans une tour leur enfant si particulier...

Mon avis

Un beau conte initiatique où l'on retrouve avec plaisir les belles planches de Hausman. Son travail au niveau des têtes des animaux, notamment, est remarquable. Pour une fois (je parle de la production actuelle en bd, pas de cet illustrateur en particulier), si vous aimez la couverture, nul doute que vous ne serez pas déçu par l'intérieur.

Côté scénario, il s'agit d'un conte classique où l'on explore cette fois les thèmes des différences et de la tolérance. Les visages des personnages viennent apporter une pointe d'humour et de légèreté à l'histoire. En amoureuse des contes, j'ai beaucoup aimé le clin d'oeil au Chat Botté en fin d'ouvrage.

En bref, un one-shot de qualité. Ceux qui aiment les contes classiques ne devraient pas être déçus.

Posté par naolou à 14:30 - BD - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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17 juin 2010

Le prince de la nuit

prince_nuitLe prince de la nuit - Swolfs (série en 6 tomes)
Edition Glénat, Collection Grafica
1994 - 2001
46 pages et 13 € par tome

Résumé

Le prince de la nuit, c'est l'histoire de la malédiction d'une famille. Les Rougemont se transmettent en guise d'héritage la mission périlleuse de tuer Kergan, l'insaisissable vampire à l'origine de la mort de Marianne, la femme de Jehan de Rougemont... Mais le vampire est bien décidé à rester immortel...

Mon avis

Une chouette série "à l'ancienne" qui présente une famille maudite en proie à un vampire séducteur, bestial et cruel. La malédiction est du fait de Jehan de Rougemont, personnage complexe traumatisé par la mort de son épouse qu'il violentait pourtant ; incapable de supprimer Kergan lui-même, il fait peser cette terrible mission sur tous ses descendants, qui n'auront de cesse de poursuivre l'immortel...

Rien d'original dans le synopsis, ni dans le dessin : tout ça reste classique, mais de très bonne facture, efficace et bien travaillé. On n'échappe pas aux splendides décors de chateaux délabrés, ni au spectacle agréable de belles victimes plus ou moins consentantes et plus ou moins dénudées. Un régal pour les yeux...

J'ai aimé la manière de relier le passé au présent à travers les rêves et les obsessions du dernier descendant de Jehan Rougemont. J'ai aussi beaucoup apprécié l'image du vampire selon Swolfs : classique là aussi, mais tellement vraie... Car Kergan, en apparaissant à des périodes historiques de violences, d'épidémies et de guerres, reflète les penchants naturels - mais enfouis - de l'être humain pour la violence et la cruauté. Quand Kergan a faim, il mange... tout simplement. Sans se poser de questions. Appétit et cruauté insatiables, obsession pour la beauté, la jeunesse et la vie éternelle, sexualité vécue librement, dégagée de toute contrainte ou entrave... Kergan est un vampire, un vrai, qui ne s'embarrasse pas de nourrir des sentiments pour les humains dont il se sert.

La série est composée de six tomes et divisée en deux cycles. La fin du volume six, ouverte sans être béante, n'exclut pas la possibilité d'une suite. Voilà qui me ferait bien plaisir... Oui, c'est vrai qu'en six tomes, on a eu le temps de faire le tour de la question. Mais une bonne série comme ça, moi, j'en redemande !

Tome 1 : Le chasseur
Tome 2 : La lettre de l'Inquisiteur
Tome 3 : Pleine lune
Tome 4 : Le journal de Maximilien
Tome 5 : Élise
Tome 6 : Retour à Ruhenberg

Posté par naolou à 21:07 - BD - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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