17 mai 2011
Rivage mortel
La forêt des damnés, tome 2 : Rivage mortel - Carrie Ryan
Editions Gallimard
2011, 522 pages
17,50 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Gabry vit une existence qu'on peut qualifier de paisible, bien à l'abri des grilles qui entourent son village de bord de mer. Aimée par sa mère, entourée par ses amis, la jeune fille est amoureuse de Catcher, le frère de sa meilleure amie. Un amour dont elle ignore encore s'il est payé de retour. Mais elle le saura ce soir, parce que son petit groupe d'amis a décidé de franchir la barrière. De l'autre côté de la barrière, il y a les Mudos, des zombies affamés de chair humaine... Mais Gabry n'en a cure. Ce soir, elle voit Catcher, et c'est tout ce qui importe...
La réalité va rattraper les adolescents, évidemment. Les Mudos attaquent leur groupe, et Catcher est mordu. Gabry fuit sans savoir s'il a ou non été infecté...
A la fin de La forêt des damnés, on avait laissé Mary au pied du phare. Elle y vit maintenant en compagnie de Gabry, sa fille adolescente, et malgré ses origines, elle est plutôt bien intégrée à la communauté. Que s'est-il passé pendant toutes ses années ? Qui est le père de Mary ? Voilà ce, qu'entre autre, on va découvrir dans Rivage mortel.
Mon avis
On retrouve bien dans ce second tome l'ambiance post-apocalyptique qui caractérisait le premier, une atmosphère dramatique qui exacerbe les sentiments des personnages. J'ai néanmoins été moins touchée par l'histoire de Gabry que par celle de sa mère. Ce volume est plus pesant, moins subtil, et Gabry n'a pas le charisme de Mary même si on finit par s'y attacher également. Elle s'appesantit trop longuement sur ses ressentis, ses doutes, l'action en pâtit et on s'ennuie un peu trop souvent.
Ca ne m'a pas vraiment empêchée d'apprécier ce livre qui a aussi beaucoup de qualités. La relation de Gabry et de Catcher est touchante. On en apprend aussi plus sur les Mudos, et ils deviennent à la lumière de ces révélations presque plus "humains". Comme dans le premier tome, le manichéisme est totalement absent de l'histoire, ce qui donne aux personnages et aux situations une vraie profondeur. Et puis Rivage mortel réserve quelques bonnes scènes bien gore qui m'ont fait frissonner de peur et de dégoût, ce qui ne m'était pas arrivé je crois dans le premier tome.
En somme, un bon moment de lecture. Je suis moins touchée que lorsque j'avais découvert La forêt des damnés, mais j'ai vraiment hâte de lire la suite.
18 avril 2011
Crescendo
La saga des anges déchus, tome 2 : Crescendo - Becca Fitzpatrick
Editions du Masque, Collection MsK
2011, 376 pages
17 €
Retrouvez ici ma chronique du tome 1, Hush Hush.
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Pour avoir sauvé la vie de Nora - ou en tout cas refusé qu'elle se sacrifie à sa place - Patch est devenu l'ange gardien de la jeune fille. Alors que les sentiments de Nora grandissent, Patch pratique comme toujours la stratégie de l'évitement, jusqu'à la crise. Nora décide de mettre fin à leur relation. Bouleversée par cette rupture et par la mort de son père, qui reste non élucidée, la jeune fille a plus que jamais besoin de soutien, mais elle ne peut plus compter que sur elle-même. Elle décide d'enquêter seule - enfin, plus ou moins, sa meilleure amie Vee n'étant jamais très loin - afin de lever le mystère sur le meurtre de son père.
Mon avis
Voilà un second tome dans lequel l'intrigue a un peu de mal à décoller. Je suis peut-être bouchée, mais je suis toujours dans le flou concernant les anges déchus, les gardiens et les néphilims... C'était déjà le cas dans Hush, Hush ; ici, j'ai toujours autant de mal à comprendre les tenants et les aboutissants des relations entre les uns et les autres. L'auteur n'y mettant pas franchement du sien pour éclairer ma lanterne, j'ai carrément ramé pour tenter de comprendre les conséquences des actes des uns et des autres.
Heureusement, du côté de l'intrigue sentimentale, là, je suis ! Crescendo se joue sur la partition du "je t'aime moi non plus", avec une Nora complètement déprimée, un Patch toujours aussi sexy et tête à claques, une Vee très en forme et une Marcie plus détestable que jamais. Même si j'apprécie beaucoup ces personnages avec leurs qualités et leurs travers, j'ai trouvé ce second tome un peu plus agaçant que le premier. Construire tout un tome sur les premiers émois, les premiers baisers, les premières caresses, ça fonctionnait ; reprendre la même formule pour le second, ça commence à être un peu longuet.
Mais bon. Je dois bien avouer que ça ne m'a pas empêchée de lire Crescendo en deux jours et de trépigner en me demandant si oui ou non, Nora et Patch allaient coucher ensemble (vous l'aurez compris, ce n'est vraiment pas la guéguerre des anges qui accroche mon intérêt dans ces romans). Et puis j'adore les couvertures de cette série, tout comme les titres. Bref, malgré ma mauvaise foi, je me jetterai sur le troisième tome !
11 avril 2011
Promise
Promise - Ally Condie
Editions Gallimard Jeunesse
2011, 520 pages
18 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Aujourd'hui est un grand jour pour Cassia : elle prend dix-sept ans et va assister à son banquet de couplage. Enfin, elle va découvrir le visage de celui que la Société a choisi pour être son Promis. A ses côtés, sa famille et Xander, son meilleur ami. Arrive le tour de Cassia : les mains moites, elle se lève pour prendre place devant l'écran où doit s'afficher l'image de la personne qui partagera sa vie. Et là, écran noir...
Des murmures se font entendre dans la salle, parce que chacun sait ce qu'un phénomène aussi rarissime signifie... Si aucune image n'apparaît sur l'écran de couplage, c'est que le Promis de Cassia se trouve déjà dans la salle. La jeune fille découvre avec une surprise mêlée de ravissement qu'il s'agit de Xander, son ami d'enfance.
Cassia est toute prête à accepter celui que la Société a choisi pour elle. En rentrant chez elle, elle insère sa puce dans le lecteur pour découvrir les conseils et les informations que les Officiels ont jugé bon de lui transmettre concernant l'évolution de sa relation avec Xander. Mais là, stupeur : c'est un autre visage qui s'affiche sur son écran...
Mon avis
Voilà une série qui commence admirablement bien. Dès ce premier tome, le décor est posé : les personnages évoluent au coeur d'une société futuriste qui fait froid dans le dos parce qu'elle est absolument totalitaire, tout en restant tout à fait courtoise. Les Officiels imposent à chacun comment et combien de temps vivre, quoi manger, où travailler, et surtout, qui aimer... mais le tout est fait d'une manière si habile que personne ne songe à se révolter. On frôle sans cesse la cruauté sans jamais y entrer vraiment. Du moins, jusqu'à ce que Cassia découvre un visage différent de celui de son Promis sur l'écran de couplage...
Ce roman réunit tous les ingrédients pour fonctionner : le triangle amoureux est d'autant plus dramatique qu'il se produit dans le cadre cité plus haut ; le choix de ce cadre permet à l'auteur de tisser, en plus de cette poignante histoire d'amour, une réflexion intelligente sur la liberté individuelle. Au milieu de tout ça évoluent des personnages auxquels on s'identifie sans problème. Pour ne rien gâcher, l'écriture est simple et belle. Ally Condie met dans la bouche de Cassia des phrases d'une telle justesse qu'une ou deux fois, les larmes me sont montées aux yeux.
Alors ça fonctionne, forcément, et parfaitement même ! J'espère que ce roman rencontrera le succés qu'il mérite. Les adolescents sont évidemment le public cible, mais les adultes se laisseront conquérir sans aucune difficulté
09 avril 2011
Métisse
Métisse : une aventure de Sabina Kane - Jaye Wells
Editions Orbit
2011, 2929 pages
14,90 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Sabina vient d'assassiner son ami d'enfance. Elle a beau être habituée à la chose (c'est même son métier), la pillule a du mal à passer. Il faut dire qu'elle n'a pas eu le choix : l'ami en question s'est rendu coupable de haute trahison en ralliant le clan de Clovis, qui fomente un complot pour faire cesser le règne des vampires sur les autres créatures magiques. Sabina est elle-même mi-mage mi-vampire. En raison de ce métissage, elle est destinée à effectuer les basses besognes pour le clan des Dominae, dirigée par sa propre grand-mère.
Les Dominae décident de lui confier une nouvelle mission : Sabina devra faire semblant de leur tourner le dos pour infiltrer la garde rapprochée de Clovis, apprendre le nom de ses informateurs, et enfin l'assassiner. Rien de moins. A cette situation déjà compliquée s'ajoutent une mutlitude d'autres "détails" : un inconnu a invoqué un démon pour tuer Sabina et un mage horripilant tourne autour de la vampire sans qu'elle en comprenne les raisons... Bienvenue dans la vie de tous les jours de Sabina Kane !
Mon avis
Autant le dire tout de suite, ce livre vous réserve un bon nombre de fous rires... Le franc-parler de Sabina est tout simplement jouissif. Je me suis retrouvée à pouffer comme une gourde à de si nombreuses reprises que j'ai finalement décidé de finir ma lecture dans un endroit où je n'aurais plus à me retenir d'exploser de rire. C'est le vrai point fort du roman, parce que cet humour permet de s'attacher sans réserves au personnage principal et de compatir devant les complications - toutes plus tirées par les cheveux les unes que les autres - qui viennent lui pourrir la vie.
Du côté de l'intrigue, rien de bien révolutionnaire. On est dans de la pure bit-lit, avec une héroïne au caractère bien trempé, des scènes d'action à chaque chapitre ou presque, de beaux mâles aux dents longues et/ou aux pouvoirs surnaturels qui se disputent les faveurs de la jeune personne susnommée, plus, évidemment, une bonne dose de tension sexuelle. On aime ou pas ; personnellement, j'adore ! Surtout quand, comme c'est le cas ici, le roman ne se prend pas au sérieux, et n'a d'autres ambitions que de vous faire passer un bon moment de lecture. Le pari est réussi, et il me tarde déjà de découvrir la suite des aventures de Sabina Kane.
28 mars 2011
Le jeu de l'ombre
Le jeu de l'ombre - Sire Cédric
Editions le Pré aux Clercs
2011, 475 pages
19 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire (mais surtout pour le plaisir).
Résumé
Malko Swann est un musicien de talent, adulé pour son œuvre, célèbre pour ses frasques et son tempérament séducteur. Il vient de terminer un concert exceptionnel, au terme duquel des milliers de personnes l’ont acclamé. Et pourtant… et pourtant Malko roule, fonce même, le sang bourré d’alcool, le nez de cocaïne, vers le Pont du Diable. Pourquoi ? Et pourquoi si vite ? Il l’ignore lui-même. La musique envahit l’habitacle, le pont se rapproche, Malko est seul, et à cet instant, c’est tout ce qui compte. La chute était inévitable, et elle est vertigineuse…
Malko rouvre les yeux dans un lit d’hôpital. Il a une côte cassée, le visage couvert d’éraflures. Les séquelles physiques sont minimes comparées à la gravité de l’accident, mais il se rend vite compte qu’il souffre d’un traumatisme bien plus dramatique : il ne peut plus entendre la moindre note de musique...
Mon avis
J'ai tout simplement adoré ce bouquin ! Sire Cédric a réussi encore une fois à me surprendre. Vous voulez savoir pourquoi ? Retrouvez ma chronique complète ici.
Des news de l'auteur
Après avoir obtenu le Prix Masterton pour L'enfant des cimetières, le Prix du Polar de Cognac pour De fièvre et de sang, Sire Cédric vient d'être à nouveau récompensé pour son écriture : De fièvre et de sang a obtenu le Prix CinéCinéma Frisson la semaine dernière. Plus d'infos ici.
11 mars 2011
Viens plus près
Viens plus près - Sara Gran
Editions Points, Collection Roman noir
2011, 189 pages
6,50 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Amanda est une trentenaire qui a la belle vie : un mari qui l'aime, un boulot qui la passionne, un appartement magnifique dont elle a elle-même pensé la décoration. Et pourtant... il doit bien y avoir un pourtant, puisque la jeune femme sage et rangée à laquelle son entourage semble s'être habitué commence à changer. A changer radicalement.
D'abord, il y a les cauchemars. Une femme à la beauté dangereuse, allongée sur au bord d'une mer rouge, écrit son nom dans le sable. Ensuite il y a les bruits suspects dans l'appartement - des bruits qui ne se produisent qu'en présence d'Amanda, et dont elle comme son mari sont incapables de déterminer l'origine. Et puis il y a les actes manqués : rien de bien dramatique au départ, un rouge à lèvres qui finit dans son sac sans être passé par la caisse, ce genre de choses. Au départ... C'est quand surviennent les trous de mémoire, les passages à vide, qu'Amanda commence à s'inquiéter pour de bon : que lui arrive-t-il ? Réalise-t-elle des fantasmes qu'elle ignorait avoir jusqu'ici ? Est-elle possédée ?
Mon avis
Questions rhétoriques, il faut bien le dire, puisque l'ambiance installée dès le début du roman nous fait rapidement pencher vers la seconde option. Comment un thème évoqué des milliers de fois dans la littérature, au cinéma et à la télévision peut-il réussir ici à terroriser le lecteur à ce point, voilà la vraie question que je me pose. Impossible de fermer l'oeil après avoir fini Viens plus près - et apparemment, je ne suis pas la seule : Bret Easton Ellis (l'auteur de American Psycho, rien que ça), fait lui aussi part de son admiration sur la quatrième de couverture. Les auteurs qui parviennent ainsi à instiller la peur me fascinent. Ici, ça tient à de petites choses : une narration à la première personne, un style froid et une esthétique soignée qui rendent encore plus glaçants les récits de cauchemars et d'épisodes délirants. La narratrice n'est pas de celle à qui l'on s'attache au premier abord, tant elle semble dangereuse ; et puis finalement, on la prend en affection pour ne plus jamais l'oublier, peut-être parce qu'elle représente en nous la part sombre qui ne demande qu'à sortir. C'est peut-être là, la force de ce roman : au fond, il n'y est pas tant question de démon, mais plus de l'Autre, cet Autre tout entier constitué d'ombres qui se tapit au fond de nous.
Un livre court et dérangeant, très abouti malgré le nombre de page. J'en tremble encore, et je ne suis pas près d'oublier cette auteure.
22 janvier 2011
A lire...
... une interview de Sire Cédric réalisée par Ankya, merci à elle ! L'auteur y dévoile quelques informations sur Le jeu de l'ombre, son nouveau roman à paraître en mars. On apprend également qu'il sera au Salon du Livre de Paris, et qu'il adore la blanquette d'agneau (si si).
Pour en lire plus, rendez-vous par là.
Merci Ankya !
19 décembre 2010
Challenge Stephen King terminé !
Je me fais rare sur ce blog en ce moment. Manque de temps, manque de motivation... les fêtes approchent, et j'ai plus envie de passer du temps avec mes proches que sur Internet ! Mais je continue à lire, et je posterai donc encore de temps en temps par ici.
Le pourquoi du comment de mon billet d'aujourd'hui : j'ai fini mon Challenge Stephen King organisé par Neph ! (yeah, enfin un challenge de mené à son terme !).
Côté film, j'ai (re)visionné La ligne verte (chronique ici).
Côté bouquin, j'ai lu Juste avant le crépuscule. Globalement, cette lecture a été une déception. J'ai apprécié les thèmes et l'ambiance générale et, comme d'habitude, j'ai adoré la préface. Mais hormis trois nouvelles - je n'ai pas les titres sous les yeux, mais il s'agit de celle sur le chat, celle sur les TOC et celle sur le tueur en série - je me suis profondément ennuyée, allant jusqu'à ne pas terminer l'une d'entre elles. Je n'en tiens pas rigueur à Stephen King, qui reste mon auteur adoré vénéré. On ne peut pas être tout le temps au top :)
Si je ne poste pas d'ici là, je vous souhaite un joyeux Noël à tous !
19 novembre 2010
Dracula l'immortel
Dracula l'immortel - Dacre Stocker et Ian Holt
Editions Le livre de poche, Collection Fantastique
2010 (2009 chez Michel Lafon), 537 pages
7,50 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Il y a vingt cinq ans, Dracula mourrait en Transylvanie sous la main de six amis : Jonathan Harker, Mina Murray, John Seward, Quincey Morris, Arthur Holmwood et Abraham Van Helsing. Les années ont passé et le lien qui unissait le groupe s'est distendu : chacun vit sa vie comme il le peut en ayant survécu à l'horreur... Mais malgré les apparences, le combat n'est pas terminé, et les six semblent destinés à s'unir à nouveau : une vague de meurtres frappe de près ou de loin les anciens compagnons. Dracula serait-il encore en vie ?
Mon avis
Présenté comme la suite officielle du Dracula de Bram Stocker, écrit par l'arrière-petit neveu de l'écrivain et par un spécialiste de l'oeuvre de Stocker, Dracula l'immortel a fait couler beaucoup d'encre lors de sa parution (chez Michel Lafon en octobre 2009), et pas forcément en bien. Pour ma part, j'ai apprécié cette histoire qui constitue une suite assez cohérente du chef-d'oeuvre de Stocker. L'intrigue est bien menée, tordue sans être trop complexe, le suspense se maintient du début à la fin et invite à tourner rapidement les pages. C'est un plaisir de retrouver les personnages créés par Bram Stocker. Les deux auteurs ont accordé un soin tout particulier à dépeindre leur évolution psychologique et les retombées que la rencontre avec Dracula a fait rejaillir sur leur groupe. Mêlés à ces visages familiers, on retrouve de nouveaux personnages qui ne nous sont pas tout à fait inconnus : Jack l'éventreur, la comtesse Elizabeth Bathory et enfin Bram Stocker lui-même, qui met en scène son propre roman dans le livre. Cette mise en abîme est intéressante et donne un peu de profondeur à l'intrigue.
Il est vrai que cette suite n'a pas la même qualité littéraire que Dracula. Elle n'a pas non plus la même forme : Dracula était un roman épistolaire, mêlant lettres, extraits de journaux intimes et articles de journal ; Dracula l'immortel est un roman de facture plus classique. On a les mêmes alternances de points de vue puisqu'on suit un personnage différent à chaque chapitre, mais la narration est classique et pas épistolaire, ce qui fait perdre à l'affaire un peu de son charme. En fait, on a plus l'impression de se trouver en train de suivre un film à gros budget, bien ficelé mais sans grande profondeur, qu'une oeuvre littéraire.
Je le disais, j'ai bien apprécié l'intrigue et l'évolution des personnages humains. J'ai moins aimé le nouveau visage que les auteurs donnent à Dracula : ce changement se justifie, il n'est pas incohérent, mais sous ce nouveau masque, le comte perd beaucoup de son charisme... J'ai également trouvé certains passages un peu invraisemblables, et les réactions de certains personnages souvent décrites de manière maladroite ou surfaite. Néanmoins, aucun de ces petits défauts n'a gaché le plaisir que j'ai ressenti à la lecture, peut-être parce que j'avais entendu tant de mal de ce livre que je m'attendais à bien pire !
Un roman agréable donc, selon moi. Certes, il ne joue pas dans la même cour que le Dracula originel - qu'il est d'ailleurs conseillé d'avoir bien en tête avant de démarrer la lecture, pour apprécier à leur juste valeur tous les clins d'oeil et les hommages placés dans l'intrigue par les auteurs - mais il n'en est pas moins une bonne suite, cohérente, intéressante et bien construite, qui se lit vite et bien. Rien d'extraordinaire, mais on peut sans problème y trouver son compte.
03 novembre 2010
L'actualité littéraire de Sophie Dabat
Si vous aimez les littératures de l'imaginaire et les anthologies, vous avez probablement déjà croisé le nom de
Sophie Dabat.
On la retrouve au sommaire de diverses anthologies chez Argémios, Glyphe (Vampires), Rivière Blanche... J'apprécie beaucoup sa plume torturée, mélange efficace d'humour, de sensibilité et de noirceur.
Le 1er octobre est sorti aux éditions Black Book son premier roman - Evolution - premier volume d'une trilogie intitulée Changelins. Je vous laisse découvrir l'alléchant résumé :
"Syrine, marseillaise de 16 ans, vient de déménager en Bretagne. Depuis quelques mots, elle ressent d'étranges douleurs dans le dos, a de brusques envies de viande crue et sent "une présence" en elle. Ses nuits sont émaillées de cauchemars terrifiants et fantastiques, qui laissent en elle leur empreinte de feu, de sable et de sang. Entre les difficultés d'adaptation dans son nouveau lycée et les conflits avec sa famille à qui elle dissimule son état, l'adolescente se heurte de plein fouet à une interrogation cruciale : sombre-t-elle dans la folie ou est-elle confrontée à un phénomène surnaturel lié à un mythe vieux de plusieurs siècles ? Ainsi Syrine se renferme sur elle-même, malgré les liens qu'elle tisse avec Gauthier ou ceux qu'elle tente de créer avec Agnès, une lycéenne mystérieuse et solitaire. Un matin, Syrine réalise que les hommes qui attendent Agnès chaque soir à la sortie du lycée la suivent aussi. Puis elle réalise qu'elle les a déjà vus : à Marseille, lorsqu'ils sont venus proposer un nouveau travail à son père. Loin des clichés sur les super-héros et l'adolescence, le style du récit sonne juste, et réussit à mêler harmonieusement réalisme authentique et évasion fantastique. Dans Changelins, le fantastique est aussi un prétexte pour aborder des problèmes sociaux plus graves comme l'intolérance, l'adolescence et la maladie, sans tabou."
Le 26 novembre 2010, Les moutons électriques publient également son essai
Bit lit !, sur cette littérature qui fait fureur en France suite au succès de Twilight.
Pour le commander, c'est par ici.
Ces deux ouvrages sont dans ma PAL urgente, donc on en reparle très bientôt :)
Une petite interview est aussi programmée pour début décembre... Affaire à suivre donc !


