Les lectures de Naolou

31 janvier 2011

Ailleurs

41vpbxPqGlL__SL200Ailleurs (Les Eveilleurs - Tome 2) - Pauline Alphen
Editions Hachette
2010, 355 pages
14 €

Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.

Clic ici pour ma chronique de Salicande, le tome 1.

Résumé

Souvenez-vous. C'était l'anniversaire de Jad, il y eut un orage terrible, d'étranges boules de lumière traversant la salle des festivités... Et maintenant, rien ne sera plus comme avant. Eben et Bahir morts, Jad, Ugh et Jwel disparus, et Claris... et bien personne ne sait où est Claris, qui semble avoir disparu quand on lui a appris que le plafond de la salle où se trouvait son jumeau s'est écroulée sur ses occupants...

La petite communauté que l'on avait pris tant de plaisir à découvrir et à suivre dans Salicande est donc séparée. Les survivants, chacun dans leur cauchemar, tentent de comprendre ce qui s'est passé... Le Mandarin se torture de ne pas avoir mieux protégé les jumeaux. Jad et Ugh, perdus dans un lieu étrange qu'ils nomment les limbes, se demandent s'ils sont vivants ou morts. Et Claris, folle de douleur à l'idée d'avoir perdu son frère, a disparu de Salicande et oublié son passé, de sa langue maternelle à son propre nom...

Mon avis

Un second tome sombre donc, où l'on retrouve les personnages plongés dans de grands tourments. Les premiers chapitres sont plein d'émotions, très douloureux, et comme dans Salicande, la plume de l'auteur dépeint à merveille les sentiments et les sensations. Cette plume est incontestablement un des points forts de cette série : intuitive, fluide, elle sait traduire avec les mots les plus simples les concepts et les sentiments les plus complexes.

On retrouve également avec beaucoup de plaisir le monde cohérent créé par Pauline Alphen. C'est une idée de génie d'avoir placé ce monde quelques siècles après notre ère, ce qui permet de se projeter dans les dérives de nos sociétés, et d'ancrer les personnages dans une dimension à la fois éloignée de nous (ils n'ont plus nos moyens de communication, ils sont revenus à une espèce de Moyen-Âge fantasmé) et très proche (nos best-sellers de littérature - Harry Potter, Eragon, Tobie Lolness... - sont devenus leurs classiques, parés d'une aura de respectabilité qu'ils ne possèdent pas encore à notre époque).

D'un point de vue esthétique, ce monde est également une merveille. La forêt, la mer, la montagne retrouvent sous la plume de l'auteur leurs mystères, leurs pouvoirs, en un mot leur magie. La faune et la flore qui y évoluent sont fascinantes.

Finalement, s'il fallait faire un seul reproche à ce second tome, ce serait la lenteur avec laquelle évolue l'intrigue. Mais franchement, il est tellement dépaysant de se retrouver dans ce monde que l'on se fiche complètement du rythme de l'action. Pour ma part, Les Eveilleurs pourraient s'étendre sur dix tomes, je ne m'en lasserai pas ! Vivement la suite.

Posté par naolou à 10:18 - Jeunesse - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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13 novembre 2010

La secte des assassins

Guerres_du_monde__merg_Guerres du monde émergé, tome 1 : La secte des assassins - Licia Troisi
Editions Pocket Jeunesse
2010, 556 pages
19 €

Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.

Résumé

A 17 ans, Doubhée est déjà une voleuse expérimentée. Elle enchaîne menus larcins et gros coups chez les nobles du monde émergé. La jeune fille n'a pas le choix : elle ne peut compter que sur elle-même. Elle fuit un passé terrible qui l'a amenée à tuer à plusieurs reprises, ce qu'elle ne voudrait recommencer pour rien au monde.

La Guilde des Assassins a pourtant un autre avis sur la question. Pour ses membres, Doubhée est une Enfant de la mort qui se doit de dédier sa vie à Thenaar, le dieu des meurtriers. Ils lancent une malédiction sur la jeune fille afin de la forcer à rejoindre leurs rangs. Doubhée n'a plus le choix : elle devra rejoindre la Guilde et se plier à ses enseignements... ou fuir et mourir.

Mon avis

Il y a maintenant quarante ans que Nihal, Sennar, Ido et leurs compagnons ont libéré les terres du monde émergé du joug du Tyran. La situation est pourtant loin d'être apaisée... Dohor, ennemi juré d'Ido, a pris le pouvoir, et dans l'ombre, la Guilde des Assassins fomente un complot pour ramener le Tyran à la vie. C'est dans ce contexte violent que l'on découvre Doubhée, héroïne de la nouvelle série de Licia Troisi, qui a autant de charisme que la demi-elfe Nihal.

Le troisième tome des Chroniques du monde émergé m'avait lassée, et c'est sans conviction que j'ai entamé cette lecture. J'ai pourtant immédiatement accroché. On retrouve dans La secte des assassins tout ce qui faisait le charme de la série précédente, les défauts en moins : des personnages charismatiques, torturés, mais cette fois, qui agissent au lieu de se morfondre... Le pessimisme qui plombait Le talisman du pouvoir s'est évaporé. On découvre une histoire passionnante, pleine de rebondissements, peuplée par des personnages que l'on prend plaisir à connaître et à suivre.

Si ce tome constitue bien une suite des Chroniques du monde émergé, puisqu'il démarre quarante ans après, ne vous attendez pas à y retrouver Nihal et ses compagnons. Trois cents pages s'écoulent avant qu'on ait une allusion au gnome Ido, qui ne fait ensuite que des apparitions épisodiques dans le cours de l'intrigue. Mais ça n'a pas d'importance ! Les nouveaux personnages ont autant à offrir que les anciens.

Un très bon premier tome qui relance sans conteste mon intérêt pour l'univers du monde émergé.

Cliquez sur les titres pour découvrir mes chroniques des tomes précédents :

Chroniques du monde émergé, tome 1 : Nihal de la terre du vent
Chroniques du monde émergé, tome 2 : La mission de Sennar
Chroniques du monde émergé, tome 3 : Le talisman du pouvoir

Posté par naolou à 14:35 - Jeunesse - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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21 juin 2010

Vango

VangoVango, tome 1 : Entre ciel et terre - Timothée de Fombelle
Editions Gallimard Jeunesse
2010, 370 pages
17 €

Le premier tome de la nouvelle série de l'auteur de Tobie Lolness. Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.

Résumé

Paris, 1934. Sur le parvis de Notre-Dame, Vango s'apprête à être ordonné prêtre. Pourtant, la cérémonie va tourner court : des policiers se lancent soudain à sa poursuite. Vango est persuadé de n'avoir rien à se reprocher ; pourtant, il fuit. Car Vango ne sait pas qui il est, ni ce que cache son passé. Ce qu'il sait, en revanche, c'est que depuis son arrivée à Paris, il est épié sans relâche. On a beau le taxer de paranoïa, Vango le sent : on en veut à sa vie.

C'est le début d'une incroyable chasse à l'homme. Car tout le monde cherche Vango, qui lui-même se cherche. Il a compris que pour pouvoir semer ses poursuivants, il va devoir apprendre la vérité sur lui-même... Dans un monde au bord du chaos, Vango court de la France à l'Italie, de l'Ecosse à l'Allemagne, à la recherche de ce qu'il est.

Mon avis

Difficile de résumer l'intrigue à tiroirs de cette nouvelle série de Timothée de Fombelle. Multitude de lieux, de personnages, de mystères à résoudre... Pourtant, on entre dans l'histoire de Vango sans aucun problème, car l'ensemble est parfaitement cohérent. L'auteur ne laisse rien au hasard : on ne peut que conseiller au lecteur d'être le plus attentif possible, car chaque détail compte, et les personnages les plus insignifiants peuvent révéler bien des surprises.

Aventure, amour, rebondissements, suspense, fresque historique... Il y en a pour tout les goûts dans ce premier tome de Vango, et une grande majorité de lecteurs, dans toutes les tranches d'âge, devrait y trouver son compte. De plus, non content de proposer une intrigue absolument passionnante, l'auteur de Tobie Lolness a apporté un soin tout particulier à la peinture de ses personnages : Vango fait un héros inoubliable, mais tous ceux qui gravitent autour de lui ne sont pas en reste. On a l'impression que chacun des personnages de Vango mériterait à lui seul un roman !

Le style de Timothée de Fombelle, enfin, vient s'ajouter à la qualité de l'ouvrage. Cet auteur possède une plume reconnaissable entre mille, et inoubliable : ses phrases sont simples, dépouillées, mais résonnent avec une rare justesse. Il manie comme personne l'ironie - une ironie tendre, moqueuse, percutante mais pas mordante.

Voici donc un excellent premier tome, qui ne souffre que d'un défaut : sa suite (Un prince sans royaume) n'est pas encore sortie ! A lire absolument.

Posté par naolou à 13:57 - Jeunesse - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


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