22 avril 2011
Sélection d'avril 2011 pour le Prix des lecteurs du Livre de Poche
En avril, la sélection polar du prix des lecteurs du Livre de poche était nordique, et plus particulièrement suédoise ! J'ai lu Les ombres silencieuses de Mari Jungstedt et L'heure trouble de Johan Theorin.
Les ombres silencieuses - Mari Jungstedt
Editions du Livre de poche, Collection Policier
2011, 416 pages
6,95 €
Résumé éditeur
Un matin brumeux sur l'île de Gotland. Le corps massacré d'un photographe marginal a été retrouvé dans sa cave. Le commissaire Knutas, encore marqué par la série de crimes de l'année précédente, croit d'abord à une querelle d'ivrognes qui aurait mal tourné. Il ignore qu'il vient de lever le voile d'une ténébreuse affaire. Non loin de là, la jeune Fanny, livrée à elle-même, est la proie d'un homme mûr et respecté de tous. Dans le huis clos de l'île, Knutas se fraie un chemin entre les ombres silencieuses. Ses soupçons vont le conduire là où il n'aurait jamais cru trouver l'horreur : juste à côté de lui.
Mon avis
Mitigé. Malgré une intrigue qui se tient et un suspense intéressant, je me suis un peu ennuyée dans cette lecture. La faute au style, trop plat, et aux personnages, trop caricaturaux.
Chronique complète ici.
Je suis beaucoup plus enthousiaste en ce qui concerne L'heure trouble de Johan Theorin :
Editions du Livre de poche, Collection Thriller
2011, 533 pages
7,50 €
Résumé éditeur
À l'heure trouble, entre chien et loup, un enfant disparaît sans laisser de trace dans les brouillards d'une petite île de la Baltique. Vingt ans plus tard, une de ses chaussures est mystérieusement adressée à son grand-père. Qui a intérêt à relancer l'affaire ? Et pourquoi toutes les pistes conduisent-elles à un criminel mort depuis longtemps ? Dans une oppressante atmosphère de huis clos, une histoire de deuil, d'oubli et de pardon, hantée par les ombres du passé.
Mon avis
J'ai beau avoir du mal à m'habituer à la lenteur des polars nordiques, celui-ci m'a fait passer un très bon moment de lecture. D'abord, le cadre choisi - l'île d'Öland - est magnifique et magnifiquement dépeint. Ensuite, l'intrigue qui mêle le passé au présent et croise les destins de différents personnages - Julia, qui a perdu son fils il y a 20 ans et Nils Kant, le mouton noir de l'île, soupçonné de plusieurs meurtres - est passionnante et vraiment bien menée. J'ai été prise complètement de court par le dénouement, ce qui est bien appréciable.
Mais par dessus tout, c'est l'ambiance qui m'a séduite dans ce roman, cette "heure trouble" (le crépuscule) où les frontières entre les mondes se brouillent, où tout devient possible. J'ai adoré cette idée, j'ai adoré ce titre, j'ai adoré ce livre !
Pour quel polar vais-je bien pouvoir voter en avril, hum ?
29 mars 2011
Un pied au paradis
Un pied au paradis - Ron Rash
Editions du Livre de Poche, Collection Policier
2011, 315 pages
6,50 €
Lu pour le Prix des lecteurs du Livre de Poche, catégorie Polar.
Résumé éditeur
Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, début des années 1950. Une ancienne terre cherokee, en passe d'être à jamais enlevée à ses habitants : la compagnie d'électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée afin de construire une retenue d'eau, immense lac qui va recouvrir fermes et champs. Holland Winchester est mort, sa mère en est sûre, qui ne l'a pas vu revenir à midi, mais a entendu le coup de feu chez le voisin. Ce drame de la jalousie et de la vengeance, noir et intense, prend la forme d'un récit à cinq voix : le shérif Alexander, le voisin, sa femme, leur fils et l'adjoint. Devant un texte aussi puissant que singulier, on pense à Larry Brown et Cormac McCarthy, voire Giono. Pas moins.
Mon avis
Un très beau livre que j'ai lu avec plaisir. Plus qu'un polar, Un pied au paradis est une peinture sociale où se mêlent les thèmes de l'amour marital et filial, de la mort, de la justice et de la rédemption. Le choix d'une narration polyphonique permet de présenter au lecteur une belle galerie de personnages dont chacun possède une vraie voix. Le fait d'avoir placé l'intrigue sur une terre destinée à être recouverte par les eaux fait monter la tension dramatique. Une très belle découverte.
24 février 2011
Le cantique des innocents
Le cantique des innocents - Donna Leon
Editions Points, Collection Policier
2011, 340 pages
7 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Le commissaire Brunetti est tiré du lit par un appel déroutant : des carabiniers ont agressé un pédiatre à son domicile pour lui enlever son fils de dix-huit mois. Cette opération musclée semble avoir eu lieu dans le cadre d'une autre, plus vaste, consistant à démanteler un trafic d'enfants.
Brunetti aimerait comprendre : le pédiatre s'est-il rendu coupable d'une adoption illégale ? Dans ce cas, pourquoi les carabiniers n'ont-ils pas pris la peine d'en informer la questure ? Dans ce contexte plus que compliqué, les rumeurs vont bon train à Venise : il se murmure que le bébé serait celui du pédiatre, mais qu'il aurait été conçu hors mariage. Comment démêler le vrai du faux ?
Mon avis
Je découvre Donna Leon et le commissaire Brunetti avec ce roman très différent des polars que j'ai l'habitude de lire. Si l'intrigue n'a rien de spectaculaire - pas de rebondissements incroyables ni de cadavres torturés - ce livre possède une finesse rare, que ce soit dans l'écriture ou dans le déroulement de l'action, de l'exposition du mystère à sa résolution. C'est très particulier et plutôt agréable. Le commissaire Brunetti est vraiment sympathique, et on prend plaisir à suivre l'intelligence de ses raisonnements. Le cadre dans lequel il évolue - Venise et sa lagune - est évidemment magique et donne une couleur et une ambiance bien particulière à l'ensemble.
Une bonne découverte qui me donne envie d'en lire plus.
23 février 2011
L'hiver de Frankie Machine
L'hiver de Frankie Machine - Don Winslow
Editions Livre de poche, Collection Policier
2010, 504 pages
7,50 €
Lu dans le cadre du Prix des lecteurs du Livre de poche, catégorie Polar.
Résumé
Frank Machianno porte bien sa soixantaine. Sa vie est réglée comme du papier à musique, entre sa petite boutique d'appâts pour la pèche, ses séances quotidiennes de surf, son affaire de linge de table, la vente du poisson au restaurant, le dîner quotidien avec sa maîtresse et les déjeuners hebdomadaires avec sa fille. Un grain de sable va pourtant venir enrayer cette mécanique bien huilée : un soir, Frank trouve devant chez lui la voiture tapageuse du fils d'un "boss" qui vient lui demander des comptes. Car avant de redevenir Frank Machianno, notre homme était Frankie Machine, homme de main de la mafia de la côte ouest. Et malgré tous ses efforts, son passé semble décider à le rattraper dès aujourd'hui...
Mon avis
J'ai apprécié ce livre en grande partie pour son personnage principal, qui réussit à être à la fois un type bien et une machine à tuer. Il possède un charisme qui s'apparente à celui d'Hannibal Lecter ou encore Dexter Morgan, ces personnages dangereux que l'on ne peut s'empêcher d'aimer. Si l'histoire est racontée à la troisième personne, l'auteur adopte le point de vue de Frank, ce qui donne un texte nerveux et des réflexions toute personnelles qui font trembler parfois et rire souvent.
Voilà pour les bons points. Du côté de l'intrigue, je me suis un peu perdue dans l'abondance de personnages et dans les nombreux retours en arrière qui ponctuent le texte. Petite déception donc, mais bon, peut-être que c'est moi qui avais du mal à fixer mon attention cette semaine. Il faut dire aussi que la mafia n'est pas un sujet qui me passionne, ça n'a sûrement pas aidé ! Les derniers chapitres ont réussi à raccrocher les wagons et j'ai finalement bien apprécié ce livre, même s'il ne restera probablement pas gravé dans ma mémoire.
Merci aux éditions du Livre de poche !
15 février 2011
Cartoon
J'ai oublié de vous dire que je fait partie du jury pour le prix des lecteurs du Livre de poche, catégorie polar :)
Voici le premier livre de la sélection de février :
Cartoon - Marshall Karp
Editions Le Livre de Poche, Collection Thriller
2010, 636 pages
7,50 €
Lu dans le cadre du Prix des lecteurs du Livre de poche catégorie polar.
Résumé
Vous connaissez Disneyland, mais avez-vous déjà entendu parler de Familyland ? Non ? Parc d'attractions gigantesque crée par les studios Lamaar, Familyland n'a pourtant rien à envier à son collègue à grandes oreilles. Dans ce parc, la mascotte, c'est le lapin Pin-Pon. Lorsque l'acteur qui l'incarne est retrouvé étranglé dans le sous-sol du parc, forcément, c'est un peu la panique. Et quand la police découvre que ce même acteur a été condamné à plusieurs reprises pour pédophilie, je vous laisse imaginer le désastre...
Jusqu'ici, le mobile du crime semble assez limpide, mais un deuxième cadavre vient compliquer les choses. Il s'agit d'un autre acteur des studio Lamaar, mais cette fois complètement irréprochable et très aimé du grand public. Et si c'était à la multinationale qu'avait décidé de s'en prendre l'assassin ?
Mon avis
J'ai adoré ce livre. On ne croirait pas comme ça, mais on se marre vraiment du début à la fin. Je ne sais pas vraiment à quoi ça tient... sans doute en grande partie au personnage principal et à son collègue, deux flics du LAPD qui font parfaitement bien leur boulot mais n'oublient pas pour autant leur sens de la répartie au vestiaire. Ce qui fait que leurs dialogues sont souvent à mourir de rire. C'est incontestablement ce que j'ai préféré dans ce roman, même si ce n'est pas son unique qualité.
Car en grande fan de Disneyland :), je n'ai pu qu'apprécier de me ballader dans les coulisses d'un empire qui y ressemble à s'y méprendre, que ce soit dans la magie ou dans les travers. Un autre bon point pour ce livre, qui glisse mine de rien une critique sociale assez fine et ironique entre ses lignes.
Du côté de l'intrigue, ça démarre rapidement, et un tout petit essoufflement se fait ressentir vers le milieu. Mais le tout est très bien ficelé, et les multiples surprises que recèle le scénario relancent l'attention aux moments où il faut.
Une excellente surprise donc : étonnamment bien maîtrisé pour un premier roman, Cartoon mérite vraiment le détour, ne serait-ce que pour ses personnages !
Un grand merci aux éditions du Livre de poche !
15 septembre 2010
Deuil
Deuil - Peter James
Editions Bragelonne, Collection L'Ombre
2010 (pour la traduction française), 471 pages
22 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Ce matin, comme tous les matins de sa vie, Thomas Lamark vient apporter son petit-déjeuner au lit à Gloria, sa mère, actrice sur le retour. Mais c'est un corps mort qu'il trouve entre les draps. Elle s'est suicidée... La santé mentale de Thomas, déjà fragile, bascule pour de bon. Comment faire pour vivre sans sa mère, le pilier de son existence ? Pour éviter de sombrer, une seule solution : la vengeance...
La cible principale de Thomas ? Michael Tennent, le psychiatre de Gloria. Comment un praticien aussi renommé et médiatisé que lui a-t-il pu échouer à rendre le goût de vivre à sa célèbre patiente ? A vrai dire, Thomas se moque bien de la réponse, maintenant que le mal est fait. Il n'a qu'une idée en tête : infliger au Docteur Tennent une souffrance au moins aussi forte que celle que lui-même endure.
Mon avis
Peter James offre au lecteur un de ces thrillers terrifiants où l'on sait dès la première page qu'un des personnages est sur le point d'avoir de très gros ennuis... Comme de bien entendu, il fait tout pour que l'on s'attache à ce même personnage et qu'on sursaute à chaque fois qu'une branche craque derrière lui, et il y réussit parfaitement. On a beau connaître dès les premières lignes l'identité du cinglé, ça ne réduit en rien le suspense ou la tension - bien au contraire...
Car Peter James, avant la confrontation tant attendue entre le psychiatre et Thomas Lamark, se plait à nous décrire en long, en large et en travers ce dont ce dernier est capable. Gare à ceux qui critiquent Gloria Lamark... gare aussi à tous les autres d'ailleurs ! Thomas Lamark fait un Norman Bates plutôt convaincant, doté d'une maison des horreurs fort bien agencée... Tous les ingrédients sont donc réunis pour rendre le lecteur complètement parano.
Même si certains développements demeurent assez prévisibles, Deuil reste un thriller vraiment glaçant, qui fait frissonner de peur ou de dégoût du début à la fin. Une lecture efficace !
08 août 2010
L'enlèvement
L'enlèvement - Caroline Chabrol
Editions le Manuscrit, Collection Polar
2010, 173 pages
14,90 €
Résumé
Lena a été victime d'un enlèvement. Relâchée par ses ravisseurs, elle a tout oublié ou presque de ce moment traumatisant de sa vie. Un an plus tard, alors qu'elle tente de vivre une vie normale auprès de son compagnon, elle reçoit plusieurs messages lui indiquant que les ravisseurs sont toujours à ses trousses...
Mon avis
Je suis très partagée à la lecture de ce livre. Il y a du bon entre ces pages, mais du mauvais aussi. L'écriture m'a beaucoup plu. Le style est fluide, économe mais juste. Chaque phrase est finement ciselée et sonne parfaitement bien. Cette qualité m'a rendu la lecture agréable.
Je suis plus sceptique quant à l'intrigue et à sa construction. Je les ai trouvées trop floues, trop embrouillées. Le passage du temps est mal marqué. J'ai eu beau me concentrer, j'ai eu du mal à comprendre combien de temps a duré le kidnapping de Lena, à quel moment il est intervenu dans sa vie, et combien de temps après l'intrigue démarre. De même, je suis souvent revenue plusieurs pages en arrière pour comprendre où étaient les personnages : Italie, France ? Le fait d'intercaler à l'intrigue d'incessants retours en arrière la dessert au lieu de la clarifier.
Enfin, le suspense est presque absent de ses pages, ou tout du moins ne m'a pas touchée. Peut-être est-ce dû au fait que le roman est trop court pour qu'on s'attache vraiment aux personnages et à leur destin ? Lena m'était sympathique, mais la personnalité de son compagnon, de ses ravisseurs et des différentes personnes qui gravitent autour d'elle est trop esquissée pour accrocher vraiment l'attention du lecteur.
En somme, une lecture qui me laisse un goût mitigé. Mais rien que pour son style, je suis prête à laisser une seconde chance à Caroline Chabrol !
Je remercie les éditions Le Manuscrit et Blog-O-Book pour ce partenariat !
26 juillet 2010
La colonie des ténèbres
La colonie des ténèbres - Jérôme Bucy
Editions Belfond
2010, 337 pages
20 €
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Berlin-Est, 1962. Une série de crimes sordides bouleverse la population. Les victimes sont des femmes, assassinées et mutilées devant leurs enfants. Sterz, docteur en psychologie, s'efforce à soustraire les petits témoins de l'influence de la Stasi. En vain. La police semble prête à bâcler l'enquête...
Paris, 2006. Andersen, jeune informaticien très impliqué dans la protection de l'environnement, observe un changement de comportement chez les chauves-souris parisiennes : au sortir de l'hibernation, les chiroptères s'attaquent à l'homme avant de s'entre-dévorer. Pour le jeune homme, ce comportement est incompréhensible.
Parallèlement, Andersen est embauché par un gros groupe de l'industrie chimique en vue de protéger leur système informatique : un snuff-movie a récemment été mis en circulation sur leur site Internet. Chargé de remonter à l'origine du piratage, Andersen ne tarde pas à prendre conscience que tous ces évènements semblent liés...
Mon avis
Quel peut être le lien entre l'Allemagne pendant la guerre froide, les chauves-souris et le piratage informatique ? Jérôme Bucy apporte la réponse à cette question dans un roman passionnant qui mêle intrigue complexe et construction rigoureuse, et plonge les lecteurs dans ce que l'âme humaine compte de plus noir.
J'avoue ne pas avoir accroché à La chambre d'ambre, précédent roman de Jérôme Bucy. En revanche, La colonie des ténèbres m'a vraiment bluffée ! C'est du bon, du très bon polar : une intrigue solide, des personnages complexes et une ambiance très particulière, oppressante, qui marque les esprits. Le tout m'a rappelée le meilleur de Franck Thilliez, et ce n'est pas peu dire !
Le lien entre les deux intrigues est subtil et très bien amené. On se pose beaucoup de questions au fil des chapitres, pour finalement découvrir que tout coulait de source. Le caractère fouillé des personnages achève d'accrocher l'attention du lecteur : leurs quêtes personnelles s'entremêlent aux enquêtes qu'ils mènent et les rendent d'autant plus passionnants. Pour ne rien gâcher, le style de l'auteur a gagné, entre ces deux romans, en souplesse et en fluidité.
En somme, un très bon polar, sombre et angoissant, au dénouement spectaculaire mais cohérent. Vivement le prochain !
30 juin 2010
Le livre des secrets
Le livre des secrets : La vie cachée d'Esperanza Gorst - Michael Cox
Points
2010, 745 pages
8,80 €
(désolée, je n'ai que la couverture de l'édition grand format sous la main ; mais en même temps, elle est vachement plus belle ;P)
Lu et chroniqué pour les Chroniques de l'Imaginaire.
Résumé
Esperanza Gorst vient d'être embauchée à Evenwood en tant que femme de chambre de la baronne Tansor. Voilà tout du moins le rôle qu'elle est censée jouer. En réalité, la jeune orpheline a été placée ici par sa tutrice pour tenter de lever le voile sur les nombreux mystères que dissimule Emily Tansor, sa nouvelle maîtresse.
Esperanza ne sait pas qui elle est. Elle n'a jamais rencontré son père et n'a aucun souvenir de sa mère, morte en lui donnant le jour. Elle ignore la teneur exacte du rôle qu'elle a à jouer à Evenwood. Elle se fie néanmoins entièrement à sa tutrice et accepte sa mission. Fascinée par la charismatique baronne Tansor, elle se lance de bonne grâce dans l'enquête, sans se douter de l'ampleur de ses répercussions... Car toute vérité est-elle bonne à faire connaître ?
Mon avis
Ce pavé de plus de sept cent pages est en tout point un roman exceptionnel, qui réserve de délicieuses heures de lecture. Narré à la première personne par Esperanza, il accroche immédiatement l'attention du lecteur, pour ne plus la relâcher par la suite. La raison en est sans aucun doute la plume habile de Michael Cox, qui multiplie les adresses au lecteur et l'implique ainsi dans la recherche de la vérité. Mais pas seulement : l'intrigue est absolument redoutable. A mesure que l'on avance dans la lecture, on a l'impression de comprendre sans peine où va l'auteur, voire même parfois de résoudre soi-même quelques-uns des nombreux mystères auxquels Esperanza se trouve confrontée. Il n'en est rien : les rebondissements s'enchaînent, diaboliques mais cohérents, et surprennent jusqu'à la dernière page. Rien n'est simple dans ce roman, rien n'est prévisible. Vous voilà prévenu.
Michael Cox ne se contente pas d'offrir aux lecteurs une intrigue bien pensée, bien écrite et bien construite. Autour de son histoire fascinante, il crée un décor fabuleux : Evenwood, la vaste demeure victorienne de la baronnie Tansor. Tout le roman ne se situe pas dans ce seul décor : on parcourt également Londres, Madère, Florence... Mais comme les personnages, on n'a qu'une envie : retrouver Evenwood au plus vite, son immense bibliothèque, ses jardins, ses tours, ses cours, ses fontaines et ses mystères... Belle prouesse de la part de l'auteur d'avoir donné vie à cette demeure imaginée, au point que le lecteur meure d'envie de la visiter !
Le livre des secrets est le roman parfait : remarquablement bien construit, bien écrit, il entraîne le lecteur dans une intrigue centrée autour des secrets de famille et des problèmes d'identité, au côté de personnages inoubliables, le tout dans une ambiance que je ne suis pas pressée d'oublier !
Pour information, La nuit de l'infamie : une confession (édité par le Seuil en 2007, puis en poche aux Points en 2008) constitue une sorte de prélude au Livre des secrets. Je vais d'ailleurs m'empresser de m'y plonger...
31 mai 2010
Hécatombe chez les élues de Dieu
Hécatombe chez les élues de Dieu - Mehmet Murat Somer
10/18, Collection Domaine policier
2010, 277 pages
7,90 €
Encore une bonne découverte que je dois aux Chroniques de l'Imaginaire !
Résumé
Burçak rassemble à lui seul plusieurs identités : fervent pratiquant de boxe thaï et amateur d'opéra, il est informaticien de talent le jour et patron d'un club de travestis la nuit. Aussi à l'aise en pantalon qu'en robe de soirée, Burçak est un homme et un travesti qui s'assume. Un jour, il apprend que plusieurs "filles" de sa communauté ont été violées et assassinées. Lorsqu'il prend conscience que la police ne fait que peu de cas de ces affaires, il décide de prendre les choses en main.
Car il semble à Burçak que ces meurtres ne sont pas indépendants les uns des autres. Un fil conducteur lui apparaît bien vite dans ces crimes : toutes les victimes portaient pour nom de baptême celui d'un prophète, et toutes ont été assassinées dans des circonstances correspondant à la mort de leur homonyme dans le livre saint. Pour Burçak, il n'y a pas de doutes : un tueur en série a pris en cible sa communauté... C'est le point de départ d'une enquête haute en couleurs dans le quartier chaud d'Istanbul, entre effusions de sang et robes à paillettes.
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