Les lectures de Naolou

10 juin 2010

Conversation avec la mort

ConversationsaveclamortConversations avec la mort - Léa Silhol
Editions de l'Oxymore, Collection Epreuves
2003, 281 pages
13,80 € (l'Oxymore ayant fermé ses portes, vous trouverez ce livre, si vous avez de la chance, chez les bouquinistes ou certaines boutiques ebay)

Résumé

C'est la nuit de Noël. Les 12 coups de minuit sont sur le point de sonner. Loin des sapins, des dindes rôties et des guirlandes lumineuses, un écrivain reçoit une bien étrange visite... La femme qui se tient devant lui est la Mort en personne. L'écrivain noue avec la Faucheuse une relation faite d'histoires et de mots. Douze nuits et douze nouvelles pour tenter de charmer celle qui vient marquer la fin de son existence.

Mon avis

Un mois que j'ai terminé ce livre, et je n'arrive toujours pas à en parler !! Quelle magicienne cette Léa Silhol... Je l'avait découverte avec Vampire : portrait d'une ombre, puis Contes de la tisseuse. J'ai lu aussi La sève et le givre (que j'aurais besoin de relire, d'ailleurs, parce que je n'en garde qu'une impression floue, bien qu'enchantée). Chacune de ces lectures me laisse... sans voix. Cet auteur a vraiment, vraiment un don ! Ses phrases sont d'une beauté et d'une justesse qui me coupent le souffle ; ses ambiances, ses histoires, son style, les images qu'elle fait naître dans mon esprit, jusqu'aux couvertures de ses livres... Tout dans son oeuvre me transporte ! Voilà un de ces auteurs que je rêve de renconter (pourtant, je suis persuadée que je ne saurais absolument pas quoi lui dire) ^^

Mais revenons à nos cadavres moutons. Conversations avec la mort, ce sont donc douze nouvelles qu'un écrivain conte à la Mort, comme pour la tenir à distance. Douze histoires où l'on parle de religion, d'art, de chat, de passion dévorante et destructrice, de création... On y croisera la Mort donc, mais aussi le Diable, des fantômes, des vampires et des anges. De bout en bout, ce livre est une merveille, que ce soit du point de vue du contenant, ou du contenu. La couverture est splendide, le papier de qualité, la mise en page agréable à l'oeil. Chacune des nouvelles m'a transportée. J'ai commencé à copier dans mon carnet de citations certaines phrases, et puis j'ai arrêté, parce qu'il m'aurait fallu retranscrire les trois quarts du livre... Bref, j'ai adoré, bien que ce mot soit bien trop banal pour ce livre :D

Que l'Oxymore me manque ! Leurs livres étaient comme des trésors, des portes ouvertes vers d'autres contrées.

Je ne sais pas quoi dire d'autre que LISEZ LEA SILHOL ! Ses histoires sont des enchantements, ses phrases des formules magiques, des morceaux de rêve, de cauchemar éveillé.

Quatrième lecture de mon Dark side challenge.

Darksidechallenge

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30 mai 2010

Tu as beaucoup changé, Alison

Tu_as_beaucoup_chang_Tu as beaucoup changé, Alison - Peter Straub
Le livre de poche
2008 (écrit en 1977, première traduction française en 1990), 406 pages
6,95 €

Résumé

Eté 1955, Wisconsin. Miles Teagarden, 13 ans, est fou amoureux de sa cousine Alison Greening, de deux ans son aînée. Les deux adolescents vivent leur été comme bon leur semble, au désespoir du reste de la famille. Le 21 juillet, les enfants terribles décident d'aller prendre un bain de minuit. Avant de plonger dans l'eau de la carrière, ils se promettent de se retrouver au même endroit dans 20 ans, quoi qu'ils puissent être devenus dans l'avenir. Mais Alison va mourir cette même nuit dans des conditions mystérieuses.

Juillet 1975. Miles, devenu universitaire, décide de retourner dans le Wisconsin pour terminer sa thèse. On lui réserve là-bas un accueil glacial... Nul n'a oublié ses frasques avec Alison, ni le fait qu'il avait été soupçonné de son meurtre. De plus, Miles arrive au moment où une autre adolescente vient de trouver la mort dans de sordides circonstances. Il doit bien vite se rendre à l'évidence : il va devoir honnorer le pacte conclu avec Alison vingt ans plus tôt...

Mon avis

J'ai enfin lu mon premier Peter Straub ; Alleluia !! Depuis des années, les livres de cet auteur me font de l'oeil à chaque fois que je les croise en bibliothèque ou en librairie. Voilà, c'est chose faite, je me suis plongée dans l'univers de Peter Straub, et j'ai adoré !

Ce roman contient tout ce que j'aime : personnage central complexe, sensualité sous-jacente, fantastique discret... Le résumé fait penser à une histoire de fantôme classique. Pourtant, ceux qui ouvrent le livre en s'attendant à ce genre de lecture risquent bien d'être déçus. Car le fantastique s'efface plutôt devant la résolution des mystères qui entourent le meurtre d'Alison et ceux des autres adolescentes, vingt ans plus tard. Tout le roman est construit autour de ça, presque comme une intrigue policière.

Peter Straub s'étend également longuement sur les états d'âme de Miles, son personnage principal, et en fait une figure charismatique, bien que doté d'un capital de sympathie très réduit. Vingt ans après la mort de sa cousine, qui n'était rien de moins que l'amour de sa vie, Miles est devenu un homme complexe, intelligent mais trop impulsif, au comportement border-line et auto-destructeur, sensible aux phénomènes paranormaux (il perçoit par exemple les odeurs de ses correspondants téléphoniques, quelque soit la distance). Un personnage marquant pour les lecteurs, qui s'attire par son comportement la haine et le ressentiment de toute une communauté, et a pour uniques alliés une vieille tante sourde et un peu médium, un ami d'enfance un peu pédophile sur les bords mais qui n'est jamais passé à l'acte et une petite cousine sexuellement attirante et portant le même prénom qu'Alison Greening, l'obsédante disparue.

Des avis que j'ai pu glâner à droite et à gauche, on reproche à ce roman sa lenteur et son fantastique trop discret. Pourtant, c'est justement ce qui m'a plu : c'est lent, très lent, mais on entre ainsi profondément dans l'atmosphère particulière de cette intrigante histoire. Le fantastique utilisé m'a paru léger, subtil, et il se met parfaitement au service de la résolution de l'intrigue, sans coups d'éclat hystériques ni revenants répugnants. Et ce roman m'a fait peur, bien plus peur que certains autres livres utilisant d'avantage d'interventions fantastiques et de litres d'hémoglobine.

J'ai donc beaucoup apprécié ce roman que j'ai trouvé fin, subtil, troublant, clairvoyant sur la nature humaine. Cette découverte de l'univers de Peter Straub constitue pour ma part un sans faute, et une expérience à renouveler !

Du même auteur dans ma PAL : Shadowland ;

Et dans ma LAL : Talisman et Territoires (en collaboration avec Stephen King), Le cabinet noir, Les enfants perdus.

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13 mai 2010

Un petit peu de bit-lit

Petit billet rapide pour vous faire partager deux coups de coeur lus récemment : Frisson de Maggie Stiefvater et Hush, hush de Becca Fitzpatrick. Deux histoires d'amour entre une jeune humaine et un être surnaturel - loup-garou pour Frisson, ange pour Hush, hush... Mais aussi deux styles bien différents, accrocheurs, chacun à leur manière :

FrissonFrisson - Maggie Stiefvater
Edition Hachette, Collection Black Moon
2010, 540 pages
18 €

Résumé

Petite fille, Grace a été attaquée par des loups. Elle est restée en vie grâce à l'intervention miraculeuse d'un des membres de la meute. Suite à l'accident, elle développe une étrange fascination pour ces animaux... Quelques années plus tard, un élève de son lycée est attaqué lui aussi, et succombe à ses blessures. Une battue est organisée pour décimer la meute. Ce soir-là, Grace trouve sur le pas de sa porte un garçon blessé aux yeux étrangement familiers...

Mon avis

Les points faibles :
# Le style. Mais comme il s'agit d'une traduction, difficile d'incriminer l'auteur... Toujours est-il que le style m'a semblé un peu plat, les phrases parfois décousues, et qu'on ne sent pas assez nettement les différences de point de vue entre les différents personnages.
# La lenteur. L'intrigue évolue tout doucement, un peu trop doucement. Mais il s'agit d'un premier tome. Disons que l'auteur a voulu prendre le temps d'installer son histoire...

Les points forts :
# Les personnages. Sans vouloir trop en révéler, tous sont très bien construits et réalistes.
# L'atmosphère. Le froid est omniprésent dans Frisson. Il est très bien retranscrit et devient un personnage à part entière.
# L'histoire d'amouour. J'en ai encore des papillons dans le ventre. Très tendre, amenée avec beaucoup de pudeur, la naissance de l'amour entre Grace et son loup est vraiment émouvante. J'ai même versé, je l'avoue, une petite larme...

Chronique plus détaillée ici.

Du même auteur dans ma LAL : La complainte

hush_hushHush, hush - Becca Fitzpatrick
Editions du Masque, Collection MsK
2010, 351 pages
17 €

Résumé

Malgré la mort récente de son père, Nora tente de se comporter comme une adolescente normale. Malheureusement pour elle, son prof de bio a décidé de modifier le plan de classe. Exit Vee, sa meilleure amie : Nora se retrouve contrainte et forcée de partager sa paillasse avec Patch, un garçon au charme dangereux qui se comporte comme un vrai gougeat. A son contact, Nora perd tous ses moyens : elle se met à ressentir des émotions qu'elle juge dangereuses, et commence même à avoir des visions...

Mon avis

Les points faibles :
# Patch. J'ai trouvé ce personnage principal un peu tête à claque : il comptabilise à lui seule une grosse somme de clichés. Caricature du mauvais garçon, il traîne dans les bars louches, c'est un gros joueur, il tente à chaque rencontre de dérober à Nora sa vertu farouchement conservée... Mouais, bof, pas très crédible.
# Le surnaturel arrive trop tard. Il se passe même 250 pages quasiment sans élément fantastique, à part les visions de Nora. Mais, une fois encore, il s'agit d'un premier tome... et les éléments y sont tranquillement posés.

Les points forts :
# La passion !!!! Paradoxalement, les deux amoureux vont moins loin que dans Frisson, et passent plus de temps à se vanner et à s'éviter qu'à se calîner... Mais quelle tension sexuelle ! C'est très réussi.
# L'intrigue policière. Elle prend le pas sur le fantastique, ce que je trouve un peu dommage, mais permet de maintenir un suspense haletant.
# L'humour. J'ai été très sensible aux vannes débiles et aux répliques caustiques de Nora, Patch et Vee ! J'ai même arrêté de lire ce livre à la bibliothèque pour éviter d'être prise à glousser comme une dinde toutes les 10 pages.

Chronique plus détaillée ici.

Si vous avez aimé Hush, hush, lisez aussi Comment se débarrasser d'un vampire amoureux de Beth Fantaskey, paru l'an dernier dans la même collection.

Pas si court que ça le billet, finalement ;D

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03 avril 2010

Baisers de sang : 20 histoires érotiques de vampires

Baisers_de_sangAnthologie présentée par Alain Pozzuoli (encore lui !)
Editions Les Belles Lettres, Collection Fantastique
2005, 260 pages
21 €

Présentation éditeur :

Y a-t-il plus belle allégorie de l'érotisme et de la sexualité que le vampire ? Depuis toujours les créatures de la nuit, sorties de leur tombe pour venir sucer les vivants, ont terrifié et fait fantasmer les humains. Illustrant à merveille la fusion Eros et Thanatos, les histoires de vampires n'ont de cesse de théâtraliser le geste érotique, les pulsions amoureuses de toutes sortes. Désir, répulsion, attirance, névrose, séduction, perversité, tels sont les maîtres mots des évadés des ténèbres qui pour notre plus grand plaisir ont envahi la littérature fantastique. Dans cette anthologie, Baisers de sang, venez parcourir ces pages sulfureuses qui depuis Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu, et son pendant masculin, L'histoire vraie d'un vampire du Comte Eric Von Stenbock, n'ont cessé d'explorer l'univers érotique des vampires. Retrouvez aujourd'hui les débordements érotiques littéraires, "de toutes tendances", d'auteurs contemporains tels que Boris Vian, Francis Lalanne, Jean-Paul Bourre, Gudule, Jeanne Faivre d'Arcier, Robert de Laroche, Serena Gentilhomme, Lawrence Schimel, Tony Mark, Amelia G., Raven Kaldera, Jean-François Patricola, Didier Rouge-Héron, Gautier Map, Sire Cédric, Bernard Jurth, Roland Fuentes et Daniel Walther.

Mon avis :

Mmmm... que dire ? Une bonne impression générale, voilà qui est sûr. Des textes de grande qualité littéraire, baignant chacun dans une ambiance inimitable et propre à l'auteur. J'ai particulièrement aimé Carmilla de Le Fanu (on ne nous en présente ici qu'un extrait, qui m'a donné envie de relire la novella complète) et son érotisme pudique et sous-jacent. Le texte de Gudule (Parlez-moi d'amour) est également très intéressant : elle y présente le vampirisme sans l'aspect sanglant de la chose ; ici le vampire suce l'énergie vitale de sa victime. Muse, de Sire Cédric, a aussi retenu mon attention (attention, ce n'est pas un inédit : vous retrouverez cette nouvelle dans le recueil Dreamworld). Carnet de viol de Jean-François Patricola m'a marqué pour longtemps, et j'ai été agréablement surprise par l'étrange texte de Francis Lalanne, dont voici un petit extrait :

"Vous êtes sur le ventre. On voit
Votre taille si fine, et le
Galbé ailé de vos reins ; on croit
Tenir une sirène ; on croit
La prendre dans les mains ; on voit
Qu'elle est belle, et le bleu gris, le
Gris de ses yeux bitume. On croit
Qu'elle pleure quand elle est pâle,
Et qu'elle meurt quand on la voit
."

(oui oui, ça ne se voit pas encore trop sur ce blog, mais les sirènes sont mon obsession personnelle:)

Voilà pour le positif. D'autres textes m'ont vraiment dérangée : trop crus, pas assez suggestifs, ils ne laissent aucune place à l'imagination. Peut-être suis-je trop prude ?!

Mais bon, comme je le disais plus haut, une très bonne impression générale, et plus de bonnes surprises que de déceptions.

C'était la troisième lecture de mon Dark Side Challenge.

Dark_side_challenge

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18 mars 2010

De fièvre et de sang

Sire_Cedric_FievreDe fièvre et de sang - Sire Cédric
Le Pré aux Clercs
2010, 413 pages
18€

Résumé

Enlevée par les frères Salaville, Héloïse est persuadée qu'aucune échappatoire n'est envisageable : le lit auquel elle est attachée empeste la mort et le sang ; chaque fibre de son corps lui hurle qu'elle va mourir sur ce matelas... Le commandant Vauvert et la profileuse Eva Svärta mènent l'enquête et finissent par faire le lien avec d'autres disparitions impliquant les Salaville. Ils pénètrent dans le charnier des deux frères, qui sont abattus au cours de l'opération. Fin de l'histoire ?

L'affaire résolue, Vauvert et Eva retournent à leurs dossiers, l'une à Paris, l'autre à Toulouse, sans parvenir à passer à autre chose ; tous deux sont hantés par une sensation d'inachevée - une sensation qui, malheureusement, va s'avérer justifiée... Un an après la mort des Salaville, une nouvelle série de meurtres débute à Paris. Les tortures infligées aux victimes sont en tout point identiques au mode opératoire des frères psychopathes.

Sur les lieux des crimes, les miroirs sont brisés ; d'étranges reflets glissent dans leurs débris. On a arraché le visage des victimes avant de les vider de leur sang, dont une partie a été utilisée pour tracer sur les murs des symboles et des mots incompréhensibles ; le reste a disparu. Des loups aux yeux écarlates rodent autour des enquêteurs, et disparaissent quand on les abat. Comment démêler la réalité du cauchemar ? Que poursuivent Eva et Vauvert ? Un copycat ? Un duo de frères revenus d'entre les morts ? La réponse à ces questions, les deux flics auraient préféré ne jamais la connaître...

Mon avis

Un an après la parution de L'enfant des cimetières, Sire Cédric remet en scène le commandant Vauvert et développe son caractère complexe, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Il lui adjoint la profileuse Eva : son physique hors du commun et sa psychologie pleine de failles laissent présager de plus amples développements, si dans l'avenir l'auteur décidait de lui consacrer d'autres romans.

Ces deux personnages charismatiques sont plongés dans une enquête aux confins du surnaturel et de la folie humaine. La construction soignée de l'intrigue ne laisse aucun répit au lecteur. Impossible de lâcher ce livre avant de parvenir au dénouement ; les rebondissements surprennent immanquablement et chaque chapitre enfonce le lecteur un peu plus profondément dans l'horreur. Un conseil : évitez de lire De fièvre et de sang dans le bus ; vous avez toutes les chances de manquer votre arrêt...

La profondeur des personnages, des intrigues à faire froid dans le dos, une plume envoûtante... On est désormais habitués à trouver toutes ces qualités réunies dans les écrits de Sire Cédric. De fièvre et de sang ne déroge pas à la règle, mais possède quelque chose en plus, un petit soupçon de magie qui réside dans la capacité de l'auteur à maintenir de bout en bout une incroyable fébrilité chez le lecteur, mélange de tension sexuelle et de terreur viscérale. On ne sort pas de ce livre indemne : les univers créés par Sire Cédric trouvent immanquablement une résonnance particulière dans l'esprit de chacun de ceux qui s'y sont risqués.

Le talent de Sire Cédric n'était plus à prouver, mais avec De fièvre et de sang, on le découvre au sommet de son art. Un tel livre ne se rencontre que rarement : savourez-le, et bon courage pour les nuits blanches qui s'ensuivront.

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07 mars 2010

La bible Dracula

Un petit mot rapide sur un coup de cœur reçu en service presse pour les Chroniques de l'Imaginaire. Il s'agit du dernier ouvrage d'Alain Pozzuoli, spécialiste des vampires et de l'œuvre de Bram Stoker :

La_bible_DraculaLa bible Dracula - Alain Pozzuoli
Editions le Pré aux Clercs
2010, 653 pages
22€90

Il s'agit ni plus ni moins d'un dictionnaire très complet et bien écrit sur toutes les productions artistiques reprenant le mythique personnage de Dracula (livres, films, série télé, comics, chansons, pièces de théâtre...). On y trouve aussi une mine d'informations sur Bram Stoker, mais également sur tous les lieux qui ont leur importance dans le roman ou dans la vie de l'auteur, que ce soit en Roumanie, en Angleterre ou en Irlande. Le must, c'est que ce dictionnaire passionnant se lit aussi facilement qu'un roman !

Je l'ai dévoré en deux jours et il m'a donné pleins d'idées de lecture et de films à voir. Résultat des courses, j'ai enfin remplacé ma vieille vidéo du "Dracula" de Coppola par le dvd, et dès la lecture de La bible de Dracula achevée, j'ai entamé Baisers de sang : 20 histoires érotiques de vampires, anthologie dirigée par Alain Pozzuoli également (et troisième lecture de mon Dark Side Challenge). Moi qui pensait en avoir fini avec les vampires... :D

Pour info, l'auteur viendra dédicacer son ouvrage le samedi 27 mars au Salon du livre de Paris, sur le même stand et aux mêmes horaires que Sire Cédric, dont on reparle bientôt.

Une chronique plus développée de La bible Dracula ici dès demain.

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26 février 2010

Le secret de Crickley Hall

9782352941934Le secret de Crickley Hall - James Herbert
Editions Bragelonne, Collection L'ombre
2008, 563 pages
25 €



Résumé

Crickley Hall, c'est le nom de la maison où emménagent les époux Caleigh et leurs deux filles après leur départ de Londres. Une maison immense, un peu sinistre, mais prête à abriter leur nouvelle vie. Car la famille se trouve fragilisée par l'approche du cinquième anniversaire de la disparition de leur petit garçon. Les Caleigh espèrent trouver la paix à Crickley Hall, et le courage de laisser derrière eux la souffrance et la culpabilité. Mais quelque chose cloche... car Crickley Hall n'est pas un nid douillet. Inhabitée depuis la grande inondation de 1945, c'est même une demeure franchement lugubre. Au village, il se murmure qu'elle serait hantée...

Mon avis

Une intrigue pas franchement originale, mais un très bon moment de lecture qui réserve quelques frissons. Le style est simple mais efficace. Le suspense, sans être haletant, se maintient du début à la fin ; on reprend la lecture avec plaisir après les pauses. Dommage que James Herbert fonce tête baissée dans les clichés : devant les manifestations surnaturelles évidentes, le mari s'obstine à chercher une explication rationnelle tandis que la femme se lance à corps perdu dans le spiritisme. La vraisemblance des personnages en pâtit un peu.
Mais qu'importe ? Le mécanisme bien huilé et le dénouement glauque à souhait distille lentement mais sûrement la terreur dans l'esprit du lecteur. En somme, une efficace histoire de fantômes !

Un petit extrait pour la route :

"Il n'y eu aucun incident cette nuit-là : pas le moindre bruit de coup ni raclement de pieds qui courent, ni gémissement derrière la porte d'un placard, rien de fâcheux. (...) Tout était silencieux et immobile à Crickley Hall, tout hormis un grincement, celui de la porte de la cave qui s'ouvrait de quelques centimètres."

Du même auteur dans ma LAL : Fog ; Les rats

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27 janvier 2010

La malédiction de Bethany

LamaledictiondebethanyLa malédiction de Bethany - Robert McCammon
Milady
2009, 445 pages
7 €





Résumé

Survivant de la guerre du Vietnam, Evan désire maintenant vivre sa vie comme il l'entend : sereinement, entouré de ses livres, de sa femme et de sa fille. La famille s'installe à Bethany's sin, petite ville tranquille. Tout est sur le point de rentrer dans l'ordre... Mais Evan est torturé chaque nuit par d'effroyables cauchemars, et des visions l'assaillent dans la journée, et sa femme se comporte de façon de plus en plus étrange. Et puis Bethany's sin semble plus mystérieuse qu'il n'y parait. Pourquoi ne trouve-t-on aucun homme dans les rues après le coucher du soleil ? Pourquoi certaines maisons semblent-elles abandonnées ? Que cachent les femmes de Bethany ? Evan doit-il se méfier de sa propre famille ?

Mon avis

Deuxième lecture de mon Dark side challenge.
J'ai acheté ce livre au Salon du livre de Paris l'an dernier, je dois l'avouer, par pur esprit de contradiction. La représentante de Milady me l'avait présenté comme un peu lent, un peu mou, bref elle ne l'avait visiblement pas apprécié, et comme j'ai la fâcheuse habitude de faire l'inverse de ce qu'on me conseille, surtout en matière de lecture, évidemment, je me suis précipitée dessus. C'est malin.

Et, ô surprise, je n'ai pas aimé :). L'histoire me semblait pourtant bien sympathique : une ville que des femmes contrôlent par la violence, pourquoi pas ? Mais malheureusement, le rythme est désespérément lent... Et le traitement du sujet rend la bonne idée de base complètement caricaturale : des femmes guerrières (pourquoi, comment ?) qui massacrent les hommes pour le simple prétexte qu'ils sont... des hommes ; des hommes complètement à la ramasse qui se montrent tous à la hauteur des reproches qu'on leur fait : entre le shérif qui est au courant de tout et qui ne dit rien parce qu'il a trop peur, l'homme de main alcoolique qui se doute de quelque chose mais qui ne dit rien non plus parce que le sexe avec des femmes guerrières, c'est trop bon et le gentil mari qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et qui pleure toutes les nuits parce que ses cauchemars sont vraiment trop terribles (bof, même pas peur!), bonjour la claque pour la gente masculine !!

En bref, je me suis profondément ennuyée, et j'ai avalé les chapitres pour faire stopper la torture au plus vite. Et je me suis dit à la fin de chaque paragraphe : "ok... et pourquoi, et alors, et après ?"
Donc, je vous le déconseille (sans blague ?). Même pas peur, même pas mal, même pas bien.

Mais comme je suis bonne joueuse, j'accorderai un jour à l'auteur une seconde chance !
Du même auteur dans ma LAL : Le mystère du lac

Darksidechallenge

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12 janvier 2010

La cave

La_caveLa cave - Richard Laymon
Editions Milady
2009, 313 pages
7 €

Résumé

Le mari de Donna a pris sept ans pour avoir violé leur fille Sandy. Lorsqu'un avocat appelle Donna pour la prévenir que son mari a purgé sa peine, elle fuit vers le nord avec sa fille. Y trouveront-elles la sécurité qu'elles recherchent ? Rien n'est moins sûr... Toutes deux se réfugient dans une petite ville dont l'attraction principale est "La maison de la bête", une demeure sinistre qui a été le théâtre de plusieurs crimes sexuels particulièrement violents. Cette maison renfermerait dans sa cave une terrible bête...

Mon avis

Ecrit en 1980, ce petit roman d'horreur n'a d'autres prétentions que de nous faire frémir... Et ma foi, il remplit plutôt bien son contrat - j'en tremble encore ! Une fois terminé, La cave m'a couté deux nuits blanches à sursauter au moindre bruit...

Si l'intrigue reste assez banale, la construction et l'écriture de Richard Laymon entretiennent très habilement le suspense. L'enchevêtrement des deux intrigues fait monter la tension crescendo. Le dénouement, un peu tiré par les cheveux et absolument atroce, achève de nous faire sursauter !

J'ai lu ce livre dans le cadre de mon Dark side challenge. Curieusement, ce n'est pas la bête qui m'a le plus terrifiée dans La cave, mais plutôt le personnage du mari de Donna. Il s'agit d'un "méchant" absolu, qui m'a un peu rappelé le mari dans Rose Madder de Stephen King. A chaque chapitre, j'ai supplié (en esprit;) l'auteur de ne pas laisser son personnage aller aussi loin - et ben si, il le laisse faire. Il va y aller, et bien plus loin encore. C'est terrifiant, immonde et, il faut bien l'avouer, complètement jubilatoire.

A lire si vous avez envie d'avoir peur.

Darksidechallenge

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02 décembre 2009

Le grand pays : la légende des Tueuses-Démon

angeConnaissez-vous Ange, alias Anne et Gérard Guéro ? On leur doit, entre autres, de nombreux scénari de bd, un roman de science-fiction jeunesse (L'oeil des dieux) et la trilogie de fantasy Ayesha. Pour ma part, je les ai découverts pour la première fois avec ce roman, premier tome de la trilogie Le grand pays.

La légende des Tueuses-Démon (Le Grand Pays - Tome 1) de Ange
Bragelonne
2008, 331 pages
20 €

Résumé

Au palais de l'Immuable, la vie est régie par un principe de perfection. Toutes les personnes de sang royal doivent présenter un physique et un mental sans défaut, quelque soit leur degré de parenté avec l'Immuable. Malïn, lui aussi est un "prince". De par son sang, il peut prétendre au trône, même s'il est un des derniers sur la liste de succession. Seulement un matin, il se réveille avec une tâche pourpre sur le bras. Condamné au suicide rituel, il devra choisir entre la dague et le poison. Il n'a que quatorze ans...

Mais le destin de Malïn n'est pas de mourir dans cette pièce. Le jour programmé de son suicide rituel, le palais royal est attaqué par une entité mystérieuse ; touchés par le Démon, tous les habitants sont frappés de folie et s'entredévorent. Malïn parvient à s'échapper : est-ce dû à son courage, ou est-ce seulement le destin qui s'accomplit ? Il s'enfuit de la cité avec Alia, la promise de Makantha, successeur de l'Immuable. Par-delà les mers, les deux jeunes gens vont chercher de l'aide au Grand Pays. Pour sauver leur cité, ils vont devoir trouver la plus puissante des magiciennes : une des Tueuses-Démon.

Commence alors une longue et douloureuse quête pour l'improbable duo. Ils vont avoir à affronter des dangers dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence : se battre ensemble tout d'abord, puis contre eux-mêmes, et enfin l'un contre l'autre...

Mon avis

Je ne peux vous en révéler plus sur une intrigue riche et maîtrisée qui m'a tenue en haleine du premier au dernier mot. Ange signe là le premier volet d'une trilogie passionnante, foisonnante en rebondissements mais aussi en réflexions et en idées. Sans s'en apercevoir, on se retrouve à méditer sur l'amour fraternel, marital et filial, l'amitié, le courage, le devoir, le pouvoir, le racisme, la trahison... Mélange de fantasy, de fantastique, d'horreur et de conte initiatique, La légende des Tueuses-Démon est de ses livres qui aspirent le lecteur, et que l'on a envie de recommencer dès le dernier chapitre achevé.

Les références constantes aux peurs primales qui habitent les contes (les dangers de la forêt, l'appel des routes magiques, la dévoration...) donnent à ce roman une profondeur supplémentaire en l'inscrivant dans un imaginaire commun.

Alia et Malïn forment un couple surprenant, à mille lieux des stéréotypes, et leur histoire est bouleversante. Des personnages forts, et phares, qu'il me tarde de retrouver dans les prochains tomes.

En somme, une lecture qui m'a passionnée, ébahie, terrifiée, et que je ne peux que vous conseiller !

Du même auteur dans ma LAL : Ayesha, la légende du Peuple Turquoise

Une bonne découverte (encore une !) que je dois à mon travail aux Chroniques de l'Imaginaire.

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